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Le Maroc participe au débat sur la gestion du culte musulman en Espagne
Les représentants du Conseil de la communauté marocaine résidente à l'étranger (CCME) ont dénoncé ce dimanche, en présence d'experts venus de plusieurs pays européens, le manque de « lieux de culte décents et d'imams formés en Espagne » a rapporté Europa Press. C'était à l'occasion du colloque organisé les 14 et 15 mars à Fès sur le thème « Statut juridique de l'Islam en Europe ».
Le Maroc participe au débat sur la gestion du culte musulman en Espagne
Le CCME demande en outre au gouvernement central et aux Communautés autonomes espagnoles, de prendre les mesures nécessaires pour promouvoir l'intégration de tous les musulmans. Le secrétaire général du CCME, Abdellah Boussouf a déclaré à Europa Press que « ses membres ont besoin d'une organisation forte qui veille à l'accomplissement de la loi de la liberté religieuse en Espagne et le plein exercice de leurs droits ». « Il devrait être un organe véritablement représentatif et démocratique, parce que de nombreux musulmans ne se sentent pas représentés par la Commission islamique », a t-il expliqué. Dans cet ordre d'idées, Abdellah Boussouf a exhorté les gouvernements européens à encourager la création de mosquées dignes, parce qu'à son avis, il y a « une grande différence entre les lois qui garantissent la liberté de religion et de la réalité vécue par la communauté marocaine ».

En Espagne, les musulmans sont représentés par la Commission islamique (CI), un organe créé en 1992. Elle se compose de deux fédérations: l'Union des communautés islamiques d'Espagne (UCIDE) et la Fédération espagnole des entités religieuses islamiques (FEERI). Les mauvaises relations existantes entre ces deux fédérations qui ont, selon « El Mundo » une vision différente de l'Islam, ont amené l'organisation à une situation de paralysie décrite comme « non viable » par le gouvernement espagnol. La CI est l'interlocuteur direct du gouvernement espagnol. C'est d'elle que dépend la formation des imams, la nomination de professeurs de religion islamique et même les allocations ou subventions du ministère de la Justice.

Le souhait marocain de reforme de la CI vient du fait que l'organisation n'est pas adaptée au contexte actuel. « Nous ne pouvons pas accepter que l'Islam soit géré par une structure depuis 20 ans. C'est une question d'État. Il ne peut être laisser à l'écart du dialogue avec le gouvernement plus d'un million de musulmans qui sont arrivés en Espagne par l'intermédiaire de l'immigration » a ajouté Mohamed Chaib, député du Parti socialiste de Catalogne (PSC) et l'un des cinq membres du Conseil marocain d'Espagne. Un autre conseiller-expert des communautés islamiques, Iván Jiménez-Aybar, a clairement indiqué dans son allocution que: « la CI créée en 1992 est un bâtiment dont les fondations ont été érodées au fil du temps. La seule solution est de démolir ce bâtiment pour être reconstruit à nouveau ». De même, ailleurs en Europe, les musulmans choisissent leurs représentants par vote ce qui n'est pas le cas en Espagne. « En France et en Belgique ils ont fait des élections pour choisir leurs dirigeants (...). Les musulmans ont besoin de plus de démocratie, parce que les dirigeants actuels ne représentent personne. Le gouvernement espagnol ne devraient pas avoir peur de faire fonctionner la démocratie », a déclaré à « El Mundo » Abdellah Boussouf.

Un groupe de juristes espagnol avec à leur tête le professeur Jaime Rossell, doyen de la faculté de droit de l'Université d'Estrémadure a soutenu au contraire que les tensions entre les deux fédérations membres de la CI ont « bloqué la communication avec l'Administration ». Ils estiment que les problèmes auxquels font face l'Islam en Espagne « ne peuvent pas être attribués uniquement au gouvernement » et ont exigé des associations musulmanes de « faire leur part dans le processus d'intégration de culte islamique ». Le débat est lancé.

Ibrahima Koné
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