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Inondations au Maroc: Le plan de secours patauge
Après la catastrophe, l'heure est au bilan. En plus des morts et des dégâts matériels, plusieurs cas de disparition sont signalés dans toutes les régions sinistrées. Le point.
Celui, officiel, émanant du département de l'Intérieur, fait état de «10 décès accidentels (personnes emportées par les oueds en crue ou touchées par la foudre), l'effondrement de plus de 500 maisons en pisé, la suspension provisoire de la circulation sur 8 routes nationales, 10 régionales et 9 provinciales. Le bilan concerne essentiellement les inondations du week-end dernier. Les milieux associatifs font état d'un autre bilan, toujours provisoire, d'au moins trois décès à Errachidia, quatre à Missour, cinq à Nador auxquels s'ajoutent ceux de deux personnes emportées parles crues d'Imintanout. Le nombre des portés disparus relève encore de l'inconnu. Les sans-abri se comptent, eux, par dizaines de milliers. Dans plusieurs régions, la population est livrée à elle-même, soutiennent des sources locales.

Des comités d'action prennent forme un peut partout et tentent, dans la mesure du possible, d'apporter les premières aides. «Les autorités locales se font absentes. C'est le mutisme total», déplore ce militant associatif de Nador. Après deux manifestations populaires, la dernière ayant eu lieu samedi, la ville décide de prendre en charge ses sinistrés. Une commission d'ONG, de syndicats et de partis politique devrait prendre forme dès cette semaine pour venir en aide aux victimes. Cette commission de solidarité devrait ensuite adresser une demande au Secrétariat général du gouvernement pour pouvoir collecter des fonds et des aides en nature, afin de les distribuer aux personnes touchées. A Missour et Boulemane ou encore à Bouarfa, l'on déplore «l'absence totale des institutions de l'Etat pour ce qui est des aides matérielles et des moyens humains, mais une présence massive des forces de l'ordre», souligne un communique de l'antenne locale de l'AMDH à Missour.

Au niveau central, l'état d'alerte est maintenu et l'heure est à la vigilance. Chakib Benmoussa a tenu une réunion de crise dimanche avec les responsables de son ministère et les chefs des départements de l'Equipement, de l'Habitat, de l'Energie et des mines, de l'Eau et le Haut commissariat aux eaux et forêts. Un plan d'action a été mis en œuvre, assure-t-on à l'issue de cette réunion. Walis et gouverneurs, auxquels reviendra la charge de son application à l'échelle locale, sont invités à s'inscrire, ce faisant, dans une «démarche participative» qui associerait élus et acteurs associatifs. Trois axes d'intervention prioritaires ont été tracés. Sauvetage et secours à la population en difficulté, en premier. Evacuation des ménages établis dans les zones à risque en second lieu et désenclavements des quartiers et douars menacés comme troisième axe d'intervention. De cette réunion tenue au siège du département de l'Intérieur, il ressort également l'intention des départements concernés de mettre en exécution un programme d'intervention visant le rétablissement «dans les plus brefs délais» de la circulation sur les réseaux routiers, de télécommunication et de distribution d'eau potable et d'électricité. Il est en outre question d'assistance aux familles dont les habitations se sont effondrées ou ont été emportées par les crues et de distribution de denrées alimentaires de première nécessité et d'assistance médicale. Sur ce dernier point, des échos parvenus de certaines régions touchées relèvent du «déjà vu» et font penser aux jours qui ont suivi le séisme d'Al Hoceima. Ainsi, à Imintanout, ville touchée par les intempéries du 30 septembre, la population fait déjà état, rapporte un responsable de l'AMDH, du «détournement du peu d'aide que l'Etat a décidé d'envoyer aux sinistrés».

Tahar Abou El Farah
Source: Le Soir Echos