Publié le 11.09.2008 | 12h57
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Youssef Haji est un marocain vivant en France. Militant des droits de l'Homme, il est également fondateur de Darna Maison des initiatives des jeunes et citoyens de Naplouse.
Il nous a envoyé ce matin la retranscription des échanges avec Hany, Palestinien de Naplouse. Récit d'une conversation téléphonique tenue hier, Mercredi 10 septembre.
Comme lors des Noël à Paris ou de Rosh Hashana à New York, nous avons cette habitude, dans le monde musulman, d’envoyer des SMS et autres cartes électroniques pour souhaiter le Ramadan.

J’envoie le SMS le plus ringard « Ramadan karim » (Ramadan généreux) à Hany un ami secouriste de Naplouse, et vite je reçois une réponse « je suis sous les tirs, Ramadan karim pour toi aussi ».

Deux heures après, je prends mon téléphone et Hany me raconte : "A l’heure de l’Iftar (rupture de jeûne), nous avons entendu des tirs nourris dans le quartier, j’ai vite mis mon gilet de secouriste et me suis précipité vers l’extérieur. Rapidement, j’ai eu un message du Secours médical me demandant de rejoindre une ambulance à 500 m de chez moi.

L’ambulancier me dit que c’est impossible de bouger la voiture, les tirs arrivent de tous les cotés. Nous apprenons par la radio du centre que la maison Fretekh à Ras el Ayn est encerclée. Les Shabab (jeunes) sont déjà dans la rue en train de jeter les pierres sur des dizaines de Jeeps israéliennes. D’habitude, j’adore ce silence qui envahit Naplouse à cette heure de Ftour. Ce jour-là, il y avait un vacarme de tirs réels et de bombes sonores.

Toute la ville à arrêté son ftour pour découvrir que les Israéliens avaient vidé leurs chargeurs sur les jambes de Walid Fretekh en le laissant se vider de son sang.

Apres leur départ, je réussis à rentrer dans la maison. La table de ftour est encore dressée avec les jus, Katayef et Chorba et tout autour, du sang et une famille paralysée. Nous partons à l’hôpital avec le corps de Walid encore vivant, mais rapidement Walid nous quitte avec un petit sourire au bout des lèvres comme s’il se moquait de l’absurdité de cette vie à Naplouse.

Walid a 25 ans, c’est un enfant de mon quartier et du Fatah; il a invité chez lui Jafar Jaara, un jeune résistant du Fatah ayant bénéficié de l’amnistie israélienne conclue avec l’autorité palestinienne, ainsi que Raif Chaaban, qui fait partie des 198 prisonniers palestiniens libérés récemment.

De toute évidence, les Israéliens ont suivi ces otages libérés à la trace, s’en servant comme des poissons apats pour pêcher d’autres militants dans notre ville aquarium.

Ces escadrons de la mort ont attendu que Walid souffre en regardant son sang le quitter devant sa mère et sa famille. Même les braconniers ne font pas cela aux animaux dans la jungle. Ses deux amis ont été embarqués par les militaires, l’un des détenus est gravement touché, lui aussi.

La nuit du ramadan fut courte et je me pose cette question : comment nos dirigeants peuvent-ils encore goûter au jus de carotte et à la chorba ? Pour moi, leur goût est devenu celui de ce sang dont les gouttes ce sont coagulées dans la fraîche citronnade de la mère de Walid qui n’a rien fait à part recevoir les amis de son fils un jour de Ramadan. Ramadan Karim … »

Youssef Haji
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Chris.Desj
12 Sept 2008, 11:40
Après les paroles si justes de Youssef, seules la tristesse et les larmes me viennet...et les mots d'une poétesse naboulsie Fadwa Touqane (1976) "Ils ont grandi dans la fôrêt de la nuit, à l'ombre amère du figuier de Barbarie/Ils ont grandi au-delà de leur âge/Ils ont grandi, ils se sont fondus dans le mot secret d'amour/Ils en ont porté les lettres, tel un Evangile ou un Coran qu'on psalmodie à voix basse/Ils ont grandi avec les arbres du henné, et lorsqu'ils se sont voilés avec la keffiah, ils sont devenus tounesols/Ils ont grandi au-delà de leur âge/ ils sont devenus arbres enracinés dans les profondeurs escaladant la lumière/debout parmi les vents déchaînés/ Ils sont devenus la voix du refus/ Ils sont devenus la colère brûlant aux confins de l'horizon fermé /gagnant les rangs de leurs écoles/ embrasant rues et quartiers/ prenant place au coeur de la tourmente/ mitraillant de cailloux les monstres d'acier/secouant de son refus la potence de l'aube/investissant la nuit et son déluge/Ils on grandi, grandi au-delà de leur âge/ils sont devenus l'adorateur et l'adoré/Ils sont devenus WALID,Abdallah, Mohammed,/lorsque les entrailles de la terre les ont recueillis avec amour/Ils ont grandi, ils sont devenus la légende/Ils ont grandi, grandi, ils sont devenus le pont/Ils ont grandi, grandi, grandi/Ils sont devenus plus grands que toute la poèsie
cubano33
12 Sept 2008, 06:55
Comment passer une journee normale apres avoir lu cet article...Ils le paieront un jour, sur cette terre ou dans l'au dela
wahed mustapha
11 Sept 2008, 15:44
je connais youssef, je vous assure que quand il raconte la vie, ou plutot la non vie des palestiniens on a les larmes aux yeux.

allah y rahmak walid. tu es une victimes de plus de la barbarie juifo sioniste, et de la complicité de tous les dirigeant arabes qui se goinfre pendant et hors ramadan.
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