Publié le 19.06.2008 | 21h11
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La date du lundi 31 mars 2008 restera à jamais gravé dans la mémoire de Sabah Souiri. Ce jour-là, elle va vivre un véritable cauchemar. La jeune fille (30 ans) se retrouve, seule, démunie, perdue, à l’aéroport de Casablanca. Sans argent ni effets personnels, Sabah est «lâchée» par la France.
Récit d’une expulsion express : Maubeuge - Casablanca en 24 heures chronoSabah a vécu un véritable calvaire. Tout a débuté au lendemain de son mariage à Oujda, le 17 novembre 2005. «A mon arrivée en France, nous avons enregistré notre mariage auprès des services préfectoraux et j’ai bénéficié d’un titre de séjour de 12 mois. Puis, mon mari a du s’acquitter d’une peine d’emprisonnement de 8 mois alors que je n’étais pas au courant de sa condamnation. J’ai serré les dents au côté de sa maman chez qui nous vivions», déclare-t-elle.

Tout se gâte à sa sortie de prison. «Il m’a demandé de disparaître. J’étais effrayé devant ses menaces et ses violences à répétition. Nous devons aller au Maroc pour divorcer et je te fais la promesse de t’aider à régulariser ta situation administrative en France, me disait-il. Au début, je refusais, puis j’ai accepté sans connaître me droits». Difficile de les connaître quand on est coupé du monde. En dehors de la «sortie» hebdomadaire à Auchan (avec sa belle mère) Sabah passait ses journées à tuer le temps à la maison.

A son retour du Maroc (après avoir acté son divorce), Sabah Souiri et son ex mari regagnèrent la France. Au bout de quelques jours, il lui proposa de rendre visite à sa sœur aînée. Sans le savoir, Sabah se retrouvait prise au piège, son ancien compagnon l’abandonna sur l’instant. A l’étroit, humiliée, le cœur brisé et l’honneur bafouée, elle rejoignit le foyer de l’association St Vincent de Paul.

Elle y rencontra un homme. Très vite, celui-ci, membre de l’association, se montra pressant pour une demande en mariage, selon les propos de Sabah. «Devant mon hésitation et mon refus, il m’a insulté et frappé à deux reprises. Il était violent et alcoolique», dit-elle. Le corps truffé d’hématomes et le cuir chevelu en sang, elle décida de porter plainte. L’erreur…fatale.

Sabah Souiri se rendit à la gendarmerie de Maubeuge pour y déposer une plainte pour violences conjugales. Les gendarmes la prièrent de revenir muni d’un certificat médical. Ce sera chose faîte le 29 mars 2008. «Je n’ai rien compris. Les gendarmes procédaient à mon interrogatoire alors qu’ils étaient censés enregistrer ma plainte». Elle eu droit à 24 heures de garde à vue sans avoir pu bénéficier à un droit élémentaire, celui d’avoir un avocat. «Les gendarme m’ont assuré avoir contacté mon avocat, mais que ce dernier n’avait pas donné suite. Je ne connaîtrais jamais la vérité».

Entouré de 2 policiers en civils et menotte aux poignets, Sabah Souiri fut conduite au centre des migrants clandestins de Lille. «Nous y sommes restés quelques minutes avant de prendre la direction de Paris. Je multipliais les appels pour comprendre ce qui se passait. En retour, on m’indiqua que j’étais trop bavarde», dit-elle. A leur arrivée à l’aéroport de Paris-Orly, Sabah pris peur. «J’étais paniqué…Ils ont commencé à tenir des propos injurieux et à me violenter en plein aéroport».

«Arrivé à Casablanca, les policiers m’ont remis aux autorités marocaines et ils ont disparu. Je me retrouvais seule à 00h30, complètement démunie et meurtrie…La police marocaine m’a pris en charge et je me suis rendu à la Wilaya (Préfecture) de Casablanca pour récupérer des documents administratifs. Puis, très tôt dans la matinée, j’ai pris le bus pour Oujda où résident mes parents».

Pris en grippe par ses parents, Sabah vit aujourd’hui chez une de ses sœurs à Oujda. «Mon souhait, c’est de vivre en France. Ce qui m’est arrivée est injuste et injustifié. On a profité de ma vulnérabilité et de ma naïveté pour réduire mon honneur à une peau de chagrin. Cette situation est anormale. C’est vraiment horrible !», conclut-elle.

Après notre entretien Sabah Souiri n'a pas souhaité que sa photo soit publiée.

Rachid Hallaouy
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choubichou
12 Jul 2008, 14:14
Sabah, quand je lis ce qui t'es arrivé, moi j'en aurais honte d'être un être humain.
Et ces parents qui refusent de recevoir leur fille, c'est encore plus indigne !
Evidement pour qu'une femme puisse vivre dignement en Europe, il vaut mieux pour elle avoir un bon métier et ne pas trop dépendre d'un homme qui peut lui aussi avoir des problèmes professionnels. Les femmes MRE réussissent mieux que les hommes MRE actuellement.
Bonne chance, Sabah, reprend courage.
Pourquoi n'essaierais tu pas de venir en Belgique ?
adine
29 Juin 2008, 19:30
bon en toute cette histoire où est l'Ambassade et le Consulat? vous donner la culpabilité au pays d'accueil, la France n'y est pour rien, c'est une affaire marocaine point final, on est toujours prés à trouver un coupable ailleurs, ce sont les Autoritès marocains quien sont les responsables et personne d'autre. cette dame ne devait mem pas rentrer au Maroc pour divorcer, où sont ces merdiques d'Associations Marocaines en France ou en Europe en Général? ça c'est leur affaire et non pas les français, il n'y a pas d'etre honte pour cette affaire, ce sont nous les marocains qui devrions l'etre et personne d'autre, apprenons à assumer nos responsabilités. Ce que peuvent faire les Associations "si vraiment elles existent" de faire en sorte que le mari de cette pauvre dame soit explusé de la France, c'est ce que je proposerais. Mais il ya justice dans la vie, tout le monde paiera.
Mohamed EL BAKI
28 Juin 2008, 00:46
Encore une histoire malheureuse.Un drame conjugale qui tourne au cauchemard,à l'enfer pour cette pauvre Sabah...
Oui, le paradis peut devenir un enfer,malheureusement.
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