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Imprimer l'article Le Comité de soutien des victimes de l'incendie de Rosamor est convaincu que les autorités locales et les forces de l'ordre veulent «étouffer» l'affaire. Explications. Quels rebondissements dans l'affaire Rosamor. Alors que la CNSS vient de remettre des allocations de décès d'un montant unitaire de 9.250 DH aux ayants droit de 19 victimes, le Comité de soutien des sinistrés monte au créneau. Ce collectif, qui fédère des partis politiques, des ONG des droits de l'homme, ainsi que des institutions syndicales, lance des affirmations pour le moins graves. «On cherche a dissimuler la vérité sur ce drame qui a endeuillé toute la nation», déclare Abdellah Ben Aka, membre de cette commission, constituée pour venir en aide à toutes ces familles touchées dans leur chair.Ce militant du Forum de la Vérité et de la Justice (FVJ), qui s'exprimait lors d'une conférence de presse, tenue vendredi dernier au siège de la section de Casablanca du syndicat national de la presse marocaine, va plus loin dans ses accusations. «L'employé qui a avoué avoir jeté le mégot de cigarette, causant ainsi involontairement l'incendie meurtrier, n'est que le bouc émissaire. il aurait été payé pour faire de telles déclarations». Le collectif, composé entre autres du PSU, du Nahj Dimocrati, de l'AMDH, du Syndicat national de l'enseignement supérieur, de la CDT et du FVJ, accable aussi les forces de l'ordre et les autorités locales «Le joui du sinistre, des cadavres ou des cendres ont été acheminés vers la morgue sans constatation sur place. Le but étant de dissimuler les preuves et le nombre exact des victimes qui ont péri dans les flammes», affirme Abdellah Ben Aka. Et de poursuivre : «En somme, on tente de camoufler la responsabilité du ministre de l'Emploi, des autorités locales, de la commune urbaine. . ..dans cette tragédie. Le comble de l'histoire est qu'on essaie de faire porter le chapeau au commandant régional de la Protection civile à Casablanca, suspendu de ses fonctions». «Ils sont tous responsables», clame-t-il. Autre élément de grande importance soulevé par la commission : le permis de construire pour l'extension de l'usine n'a été délivré aux propriétaires que huit jours seulement avant le drame, avance le collectif. Tous ces éléments, il les tient de sa propre enquête et compte rédiger un rapport qui sera remis à qui de droit. Pour faire la lumière sur les tenants et les aboutissants de l'affaire, le comité de soutien, regroupant jusqu'à ce jour 13 organisations nationales, réclame une enquête «transparente». Il revendique également la poursuite des responsables directs et indirects du drame. Ses membres réitèrent leur détermination de soutenir les victimes jusqu'à ce que justice soit faite. «Les familles des victimes doivent être indemnisées à la hauteur des dommages subis», insiste Saïd Ben Houmani coordinateur de la commission de soutien des victimes. Par ailleurs, le comité tire la sonnette d'alarme. «Casablanca est menacée. Un tel drame peut se reproduire à tout moment et les conséquences peuvent être encore plus désastreuses. Tenez-vous bien: 99% des usines opérant dans le secteur du textile travaillent dans les mêmes conditions atroces, sans aucune mesure de sécurité, mettant ainsi lu vie des employés en danger», s'indigne Abou Naçr Mohamed, président du bureau de Casablanca de l'AMDH. Il est certes connu que le textile pullule de structures informelles. Toutefois, la proposition avancée par Abou Naçr Mohamed est jugée exagérée par les milieux industriels. Par ailleurs, le comité de soutien annonce la constitution d'une commission médicale pou assurer le suivi des rescapés et d'une autre cellule juridique composée, actuellement d'une dizaine d'avocats qui se sont portés volontaires pour défendre les droits des victimes. Lors de la rencontre du vendredi, des familles des victimes ont dénoncé les «agissements» des éléments des forces de l'ordre, Hicham Doumir, qui a perdu trois membres de sa famille, affirme : «On m'a arrêté toute la journée du samedi 20 avril pour avoir demandé de récupérer les dépouilles. Il est vrai que mes nerfs ont lâché, mais il fallait comprendre ma douleur». Jusqu'à aujourd'hui, il n'a reçu que deux corps. Celui de sa sœur Ghizlane, âgée de 21 ans, séjourne toujours à la morgue, malgré l'identification par son frère. Des cadavres ne sont pas encore identifiés, des personnes sont portées disparues, dont Mohamed El Khabaz. La plaie saigne, et elle n'est pas près de se cicatriser. Le miraculé qui dérange Il s'appelle Madih Houssein. Ce père de trois enfants est l'un des 40 miraculés. Depuis le jour du drame, les éléments de la police le suivent de très près. «Ils n'arrêtent pas de m'appeler à tout moment pour me demander où je suis. Ils m'ont même signifié de ne pas parler à la presse», déclare le jeune homme, visiblement effrayé. La peur qui s'empare de lui est telle qu'il a changé de lieu de résidence. Madih, détiendrait-il les clés de la vérité ? «Je ne sais que peu de choses des causes de l'incendie, j'étais au 4 étage quand les flammes ont commencé à ravager tout ce qui se trouvait sur leur chemin». Khadija Skalli Source: Le Soir Echos
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