Publié le 15.04.2008 | 11h34
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Vendredi 4 avril, devant le caïdat du port de Tanger, 150 femmes font la queue. Beaucoup portent foulard et djellaba. Quelques-unes, visage découvert, cheveux au vent, sont coquettement habillées de pantalons et T-shirts. Mais toutes arborent une mine angoissée.
Les visages sont marqués par la rudesse du climat des montagnes et les mains, vigoureuses, sont celles de femmes habituées aux durs travaux des champs. Dans une heure, ce sera la traversée du détroit. Direction : l’Espagne. Dans les yeux, on peut lire le tiraillement qu’éprouvent ces femmes, plutôt jeunes, mais toutes mamans. D’un côté, la tristesse de laisser pour la première fois de leur vie le pays et des enfants en bas âge, d’un autre, la joie d’avoir droit à un travail mieux payé et de connaître un autre monde, celui dont rêvent des centaines de milliers de jeunes Marocains, un monde supposé offrir du travail, de l’argent, un avenir, la dignité. Elles viennent de toutes les régions du Maroc : Khénifra, Azrou, Midelt, Meknès, Zerhoun, Berrechid, Oujda, Beni Mellal…

Dans un moment, elles embarqueront à bord d’un bateau pour Tarifa, et de là, elles seront transportées par bus jusqu’à Cartaya, dans la province de Huelva, en Andalousie. Cartaya est une petite ville à 200 km d’Algésiras et à une vingtaine du Portugal.

Sur le quai, devant le caïdat, Latifa Rabbaj est à pied d’œuvre. C’est la directrice régionale à Tanger de l’Agence nationale de l’emploi et des compétences (Anapec). Elle vérifie les documents, encourage, d’une tape sur l’épaule, certaines candidates au voyage et répond aux questions des journalistes. Plus de 20 000 contrats CDD (2 299 en 2006, 4 800 en 2007 et 12 000 en 2008) ont été signés depuis 2006, date d’entrée en vigueur de la convention de partenariat entre la mairie de Cartaya, côté espagnol, et l’Anapec, côté marocain. Des contrats d’embauche pour la cueillette des fraises dans les fermes de Huelva. Les 150 femmes en partance en cette matinée de printemps sont l’un des derniers contingents de ces 20 000 ouvrières.

«A Tanger, nous traitons les dossiers qui nous parviennent des différentes agences de l’Anapec à travers le pays, et c’est ici que nous accomplissons les formalités de visa au consulat d’Espagne et d’achat des billets de voyage. Bien sûr, il s’agit des dossiers acceptés après que les candidates aient accompli les formalités et subi les tests médicaux nécessaires», explique Mme Rabbaj. S’il y a un contrôle médical, il n’y a en revanche aucune sélection sur la base de la scolarité ou de l’expérience professionnelle.

On accepte les analphabètes et les femmes qui n’ont jamais exercé d’emploi. Résultat : si les femmes embauchées sont courageuses, volontaires et dures à la tâche, elles sont en majorité dépourvues de toute formation. Les Espagnols prévoient certes un programme de formation, qui leur sera dispensé une fois qu’elles seront installées dans les résidences mises à leur disposition, mais il faudra que l’Anapec et le ministère de l’emploi, en amont, se chargent de faire inculquer aux ouvrières embauchées quelques rudiments d’écriture et de lecture, voire de calcul, ne serait-ce que pour leur permettre de convertir des euros en dirhams ou de compter leur argent.

Elles viennent de toutes les régions du Maroc, et sont toutes mères
R’hioui Drissia, 38 ans, est originaire de la région d’Azrou. Elle attend qu’on l’appelle pour monter à bord du bateau. Aller à Huelva, pour elle, qui n’a jamais mis les pieds hors de son petit village, est une véritable aventure. Laisser sa fille de 10 ans à sa mère la rend triste, mais travailler dans les plantations de fraise en Espagne ne lui fait pas peur. Elle a fait ses premières armes au Maroc dans les champs d’oignon et de tomate, où il lui arrivait de gagner jusqu’à 100 DH par jour. Mais, dans son village, le travail n’est pas toujours assuré à 100%, encore moins une quelconque couverture sociale. Gagner 35 euros par jour en Espagne lui donne des ailes.

Tout comme Aziza, de Zerhoun, 29 ans. Elle a déjà travaillé aussi, mais jamais dans la fraise. Mariée à l’âge de 15 ans en 1993, elle s’est retrouvée veuve à 20 ans, son mari ayant été terrassé par une crise cardiaque, lui laissant sur les bras deux filles, donc deux bouches à nourrir. Elle les a confiées, non sans un serrement de cœur, à sa sœur, avant de partir pour Cartaya.

Le profil des candidats au travail agricole est défini avec précision par l’employeur espagnol : le candidat doit être de préférence une femme, avec des enfants, qu’elle doit laisser dans son pays d’origine. Une façon de couper court à toute velléité de hrig. On sait qu’une femme qui laisse ses enfants au pays ne les abandonnera pas et quittera l’Espagne une fois le travail saisonnier terminé. Cependant, il arrive que certaines le fassent : depuis l’entrée en vigueur de la convention en 2006, des centaines d’ouvrières, pourtant toutes mères, ont disparu sans laisser de traces. Heureusement, ce nombre est aujourd’hui en baisse et les autorités espagnoles refusent un taux de non-retour qui dépasserait 5%. Cette baisse du nombre de harragate a encouragé la mairie de Cartaya à poursuivre le programme de recrutement.

14 heures, heure espagnole. Port de Tarifa. Un vent violent, fréquent dans cette région, balaie le quai et fouette les visages. Les ouvrières marocaines se bousculent, tirant derrière elles leurs bagages, et s’acheminent vers les guichets de la police et des douanes. Une fois les formalités accomplies, elles se dirigent vers les bus qui les attendent. Les médiateurs chargés de les accompagner dans leur périple sont là pour les accueillir. Ce sont des Marocains résidant en Espagne.

Ils ont été recrutés par l’employeur espagnol parce qu’ils maîtrisent la langue mais aussi les us et coutumes espagnols. En fait, la convention passée entre les parties stipule que «le médiateur planifie et développe les actions qui facilitent l’accueil, l’accompagnement, le séjour et la sensibilisation à travers un suivi continu durant le séjour, dans les fermes, des femmes marocaines, afin de favoriser leur intégration socioprofessionnelle et l’exécution des contrats de travail, ainsi que le respect de l’engagement au retour, améliorant de la sorte la coexistence interculturelle au sein des communes.»

Le retour ! C’est ce qui obsède les Espagnols. Une femme qui travaille trois à six mois - selon le contrat -, qui rentre au bercail et se fait enregistrer auprès des autorités consulaires espagnoles, c’est le profil idéal que recherche Juan Antonio Jaldon, le maire de Cartaya. Ce type de femmes, selon lui, joue le jeu et aura plus de chances que les novices d’avoir un nouveau contrat la saison suivante.

Antonio Jaldon, qui a réservé un accueil d’une chaleur exceptionnelle à la délégation marocaine à Cartaya (voir encadré), est un sexagénaire et un humaniste. La problématique de l’émigration en Espagne l’habite. Et ce, depuis qu’il est devenu maire, en 1991 sous les couleurs socialistes. Depuis cette date, il milite pour que les travailleurs saisonniers, marocains ou d’autres nationalités (Polonais, Ukrainiens, Roumains et autres), soient dignement traités, comme le stipule la convention de partenariat entre sa mairie et l’Anapec.

«Et rien n’assure un travail digne pour une communauté étrangère, marocaine ou autre, en Espagne, que de travailler dans la légalité. Un clandestin est par définition férocement exploité», tempête le maire de Cartaya dans une déclaration à La Vie éco, fidèlement traduite par notre interprète marocaine Maria Kirane.

M. Jaldon, qui a un nom à consonnance arabe, s’est beaucoup amusé de la remarque que lui avait faite, lors de la négociation de la convention, Abdelouahid Khouja, secrétaire général de l’emploi, rapprochant son nom de celui du célèbre Ibn Khaldoun. M. Jaldon, donc, est intraitable sur la discrimination à l’encontre des femmes dans l’opération de recrutement. «L’expérience nous a montré que les femmes marocaines sont plus sensibles et plus travailleuses. En plus, elles ont des mains délicates et les fraises les apprécient bien», lance-t-il en plaisantant dans un point de presse en marge de la visite de la délégation marocaine.

Plusieurs ouvrières ont accouché en Espagne
Le bus transportant les 40 membres de la délégation marocaine (officiels, parlementaires, syndicalistes, journalistes, membres du CCDH et du Conseil des MRE), qui se sont rendus entre les 4 et 6 avril à Cartaya pour s’enquérir des conditions de travail des ouvrières marocaines déjà sur place, est passé au peigne fin par la police espagnole. La raison : il n’y a pas de jour où ils ne débusquent un voyageur clandestin au port de Tarifa caché dans un camion, un bus, ou dans un container. Ce jour-là, ça n’a pas raté : un jeune est extrait du châssis du bus transportant la délégation marocaine.

Il est conduit manu militari aux autorités portuaires. Comment s’est-il glissé sous le bus malgré tous les filtres? On ne sait pas. Les jeunes Marocains sont très forts pour tromper la vigilance des contrôles les plus draconiens. L’une des finalités du programme AENEAS (Programme pour l’assistance technique et financière à des pays tiers dans le domaine de l’émigration et de l’asile), lancé par l’Union européenne en 2004, est la lutte contre l’immigration clandestine. C’est dans le cadre de ce programme que s’inscrit la convention Cartaya-Anapec dont la réalisation a bénéficié d’un budget de
1,5 million d’euros, «consacré à la mise en place d’espaces, de moyens et de systèmes pour la gestion éthique et socialement responsable de l’immigration économique.»

Entre autres avantages de cette convention : les logements gratuits mis à la disposition des ouvrières marocaines. La délégation marocaine est justement là pour les visiter. D’abord à La Casa del gato (littéralement «la maison du chat»), où séjournent déjà 600 travailleurs saisonniers dont 150 marocaines. Avant d’y arriver, le bus a traversé des kilomètres de plantations de fraises, d’oranges, de citrons, de framboises, d’oliviers…, et M. Jaldon, en maire averti, donne des explications utiles sur la région et les employeurs.

Au camp, la délégation est accueillie par des youyous. Jamais ouvriers marocains à l’étranger n’ont reçu la visite d’une délégation aussi importante, avec à sa tête deux ministres, Jamal Rhmani, celui de l’emploi, et Mohamed Ameur, chargé de la communauté MRE. Mais le spectacle des demeures où résident les ouvrières assombrit quelque peu cet accueil chaleureux. Une trentaine de baraques préfabriquées en tôle, de la taille de petits containers, est alignée sur plusieurs centaines de mètres, avec des lits superposés crasseux et des meubles de fortune. Ni toilettes, ni douches, ni cuisine, tout est à l’extérieur.

Voyant les conditions dans lesquelles elles allaient vivre, plusieurs de ces ouvrières avaient demandé à retourner illico chez elles, selon un témoin. Mais la majorité d’entre elles avaient accepté d’y rester. Elles sont pauvres et, au Maroc, elles n’ont pas mieux. L’essentiel est de tenir, le temps de ramasser un pécule. M. Rhmani, lui, est moins révolté par l’état de ces habitations que par «l’état d’analphabétisme où se trouvent ces femmes. Il faut désormais intégrer dans la démarche de sélection le critère de la formation», martèle-t-il. Tiendra-t-il sa promesse ?

Saâdia, médiatrice du camp, une jeune de Beni Mellal, les yeux clairs, des taches de rousseurs, sept ans en Espagne, essaie de calmer les inquiétudes de certains journalistes et syndicalistes membres de la délégation. En espagnol, en arabe et français s’il vous plaît. «Ici, explique-t-elle, c’est du provisoire. Bientôt nous serons transférées dans des habitations décentes.» Effectivement, le premier coup de pioche a été donné pour la construction d’une résidence qui abritera 1 000 travailleuses. Elle sera prête la saison prochaine. Parmi les 150 ouvrières de la Casa del gato, les Espagnols découvrent que deux d’entre elles sont enceintes et qu’il faudra les renvoyer.

Elles ont caché leur grossesse et ont échappé aux contrôleurs marocains lors de la sélection, pour accoucher en Espagne et espérer donner à leurs enfants la nationalité espagnole. Et cela agace les autorités espagnoles. Saâdia nous informe que 5 ouvrières ont accouché à Huelva depuis l’année dernière. «Renvoyer une femme parce qu’elle est enceinte est inadmissible et contraire à la loi», martèle Mohamed Chaib Akhdim, le premier député marocain dans un Parlement espagnol, celui de la région catalane.

L’ambiance se réchauffe dans le camp Del Gato. Les ouvrières explosent de joie, des youyous fusent. On se croirait dans un douar de Doukkala ou de Abda. La déception de quelques membres de la délégation marocaine se dissipera quelques minutes plus tard, lors de la visite d’un deuxième camp. Il s’appelle Citroluz. 70 ouvrières y séjournent et font la cueillette des oranges. Là, elles vivent dans des maisons décentes, composées de deux chambres, d’une salle de bain avec WC, d’une cuisine équipée de matériel électroménager et même d’un four. Sur les lits, les draps sont propres.

Les ouvrières trouvent la baguette de pain chère (0,55 euro) en Espagne. Autant pétrir du pain rond à la marocaine. Malika, une belle Rifaine de 22 ans, prépare du thé vert et des gâteaux pour quelques visiteurs et leur offre un grand pain rond. Quel délice ! Zina, une autre ouvrière, est recrutée pour la troisième année consécutive. Elle dispose d’un compte bancaire en Espagne comme beaucoup d’autres ouvrières, mais préfère envoyer au Maroc ce qu’elle gagne à Cartaya.

50 000 DH jusqu’à maintenant. Que pense-t-elle en faire ? «Acheter une maison», répond-elle. «Pourquoi ces ouvrières ne s’associent-elles pas pour créer une coopérative en mettant en commun leurs économies ?», s’interroge un membre de la délégation. L’idée est intéressante mais les ouvrières ne comprennent pas ce langage.

Une chose est sûre : l’Anapec et la mairie de Cartaya ont réussi leur coup, et leur convention de partenariat est citée en modèle à suivre. Antonio Jaldon ambitionne de l’étendre à d’autres régions d’Espagne et d’autres secteurs d’activité. Hafid Kamal, DG de l’Anapec, ne cache pas sa satisfaction. «Les entreprises qui rencontrent une pénurie de main-d’œuvre, en particulier dans la restauration-hôtellerie, le BTP et les services se tournent naturellement vers le Maroc», écrit-il dans la revue Migration et développement. Sauf que le Maroc a aussi besoin de cette main-d’œuvre dans les mêmes secteurs...

Jaouad Mdidech
Source: La Vie Eco
humanbeen
19 Avr 2008, 14:12
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Fruits pourris

PAR Claude-Marie Vadrot

Non seulement les fraises importées d’Espagne n’ont aucun goût, mais elles représentent une catastrophe environnementale et sanitaire. Voici de quoi vous en dégoûter à tout jamais…




D'ici à la mi-juin, la France aura importé d'Espagne plus de 83 000 tonnes de fraises. Enfin, si on peut appeler «fraises» ces gros trucs rouges, encore verts près de la queue car cueillis avant d'être mûrs, et ressemblant à des tomates. Avec d'ailleurs à peu près le goût des tomates...




Si le seul problème posé par ces fruits était leur fadeur, après tout, seuls les consommateurs piégés pourraient se plaindre d'avoir acheté un produit qui se brade actuellement entre deux et trois euros le kilo sur les marchés et dans les grandes surfaces, après avoir parcouru 1 500 km en camion. À dix tonnes en moyenne par véhicule, ils sont 16 000 par an à faire un parcours valant son pesant de fraises en CO2 et autres gaz d'échappement.




Car la quasi-totalité de ces fruits poussent dans le sud de l'Andalousie, sur les limites du parc national de Doñana, près du delta du Guadalquivir, l'une des plus fabuleuses réserves d'oiseaux migrateurs et nicheurs d'Europe.




Il aura fallu qu'une équipe d'enquêteurs du WWF-France s'intéresse à la marée montante de cette fraise hors saison pour que soit révélée l'aberration écologique de cette production qui étouffe la fraise française (dont une partie, d'ailleurs, ne pousse pas dans de meilleures conditions écologiques). Ce qu'ont découvert les envoyés spéciaux du WWF, et que confirment les écologistes espagnols, illustre la mondialisation bon marché.




Cette agriculture couvre près de six mille hectares, dont une bonne centaine empiètent déjà en toute illégalité (tolérée) sur le parc national. Officiellement, 60% de ces cultures seulement sont autorisées; les autres sont des extensions «sauvages» sur lesquelles le pouvoir régional ferme les yeux en dépit des protestations des écologistes.




Les fraisiers destinés à cette production, bien qu'il s'agisse d'une plante vivace productive plusieurs années, sont détruits chaque année.




Pour donner des fraises hors saison, les plants produits in vitro sont placés en plein été dans des frigos qui simulent l'hiver, pour avancer leur production. À l'automne, la terre sableuse est nettoyée et stérilisée, et la microfaune détruite avec du bromure de méthyl et de la chloropicrine. Le premier est un poison violent interdit par le protocole de Montréal sur les gaz attaquant la couche d'ozone, signé en 1987 (dernier délai en 2005); le second, composé de chlore et d'ammoniaque, est aussi un poison dangereux: il bloque les alvéoles pulmonaires.






Qui s'en soucie? La plupart des producteurs de fraises andalouses emploient une main-d'oeuvre marocaine, des saisonniers ou des sans-papiers sous-payés et logés dans des conditions précaires, qui se réchauffent le soir en brûlant les résidus des serres en plastique recouvrant les fraisiers au coeur de l'hiver.












... Un écologiste de la région raconte l'explosion de maladies pulmonaires et d'affections de la peau.




Les plants poussent sur un plastique noir et reçoivent une irrigation qui transporte des engrais, des pesticides et des fongicides. Les cultures sont alimentées en eau par des forages dont la moitié ont été installés de façon illégale. Ce qui transforme en savane sèche une partie de cette région d'Andalousie, entraîne l'exode des oiseaux migrateurs et la disparition des derniers lynx pardel, petits carnivores dont il ne reste plus qu'une trentaine dans la région, leur seule nourriture, les lapins, étant en voie de disparition. Comme la forêt, dont 2 000 hectares ont été rasés pour faire place aux fraisiers.




La saison est terminée au début du mois de juin. Les cinq mille tonnes de plastique sont soit emportées par le vent, soit enfouies n'importe où, soit brûlées sur place.





... Et les ouvriers agricoles sont priés de retourner chez eux ou de s'exiler ailleurs en Espagne. Remarquez: ils ont le droit de se faire soigner à leurs frais au cas ou les produits nocifs qu'ils ont respiré...




La production et l'exportation de la fraise espagnole, l'essentiel étant vendu dès avant la fin de l'hiver et jusqu'en avril, représente ce qu'il y a de moins durable comme agriculture, et bouleverse ce qui demeure dans l'esprit du public comme notion de saison. Quand la région sera ravagée et la production trop onéreuse, elle sera transférée au Maroc, où les industriels espagnols de la fraise commencent à s'installer. Avant de venir de Chine, d'où sont déjà importées des pommes encore plus traitées que les pommes françaises...


Extraits d’un article de Politis (jeudi 12 avril 2007)
http://internationalnews.over-blog.com/article-18816435.html


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