Publié le 03.04.2008 | 15h04
Article lu 4333 fois
6 commentaire(s)
 

Imprimer l'article
Envoyer à un ami
Réagir sur le forum
Article au format PDF

« Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenu chez les Ch’tis ». Une banderole qui flotte sur le stade de France, un soir de finale de coupe de France de football, et c’est toute une nation qui s’emballe, une opinion publique qui s’enflamme et un Chef de l’Etat qui s’agite. Drôle de situation ! Comment un «vulgaire» match de football entre deux équipes (par ailleurs mal classées en championnat de ligue 1) peut prendre une dimension nationale ?
Si les Ch’tis ont le vent en poupe, les «beurs» continuent à avoir le mal de merSi chacun s’accorde à reconnaître que les inscriptions de cette teneur sur une banderole sont inadmissibles, il n’en reste pas moins que les discours et autres positions pris par des acteurs politiques (de Nicolas Sarkozy au maire de Lens), méritent un arrêt sur image.

Que le Président de la République et le premier magistrat de la ville de Lens dénoncent des propos calomnieux et injurieux, jusque là rien d’anormal. Que les instances du football soient saisies, cela s’inscrit dans une logique établie. Mais que les dirigeants du club nordiste soient reçus à l’Elysée, que les médias s’emparent avec autant de générosité de cette désormais «affaire Ch’tie», que des voix s’élèvent pour demander l’annulation du match, que l’encadrement du club parisien tente de se faire entendre et craint une sanction sportive,…peut laisser pensif. Tout ce tapage et brouhaha sont-ils à la hauteur de l’incident ? La France est-elle aussi «fragile» pour marquer le pas devant un acte produit par une poignée de supporters désaxés ? Ce fait de société, est-il la traduction d’un certain malaise social ou l’expression d’une minorité ?

L’affaire du capitaine de Valenciennes, Abdeslam Ouaddou, et les propos insultants à caractères racistes, contraires aux valeurs universelles et républicaines, n’ont pas suscité autant d’entrain et de débauches d’énergie des acteurs du jour. En outre, et contrairement à ce qui a été dit, les cris de singe à l’encontre de Ouaddou ne sont pas une première sur les pelouses de France et de Navarre. Des antécédents sont à déplorés... malheureusement !

Pour autant, ce «cas» a été quelque peu minimisé (peut- être de peur de voir des tensions dans les quartiers sensibles) et une sanction «de principe» (un point en moins pour la formation de Metz et un match à huit clos) ont été prononcé par la fédération de football. Que dire sur le carton jaune infligé à Ouaddou et qui a été maintenu ? Et que penser de la position de Carlo Molinari, président du club lorrain, qui a trouvé la condamnation injuste et celle du président de la ligue, Frédéric Thiriez, pas très à l’aise sur les plateaux de TV pour «défendre» la décision exprimée par l’instance nationale.

Du côté de l’exécutif dirigé par François Fillon et sous l’autorité de Nicolas Sarkozy, on s’est contenté de mettre sur pied une rencontre amicale entre Ouaddou et Bernard Laporte, le Secrétaire d’Etat aux sports, avec comme moment fort, un geste amical (une petite tape sur l’épaule) de l’ancien sélectionneur de l’équipe nationale de rugby, à un Ouaddou désabusé et désorienté. Même la montée au créneau du capitaine de la sélection nationale de football, Lilian Thuram, membre du Haut Conseil d’Etat à l’Intégration, s’est avérée insuffisante pour porter la voix du respect des différences.

En tout état de cause, il semblerait que les Ch’tis, fort du succès du film de Dany Boon, ont le vent en poupe. Quant aux «beurs», le temps passe... et rien ne se passe.

Rachid Hallaouy
Copyright.com
Widowmaker
11 Avr 2008, 22:52
Je suis d'accord avec Jamal... Je suis d'El Jadida et une fois je me souviens, un gars totalement soûl - c'était très tard le soir - a insulté deux autres dans leur voiture parce-qu'ils étaient sub-sahariens... L'un d'entre eux est sorti de la voiture et a administré une correction sans pareille au gars puis est reparti... Complètement furieux, l'ivrogne a commencé à insulter les témoins de la scène en leur disant "wash 7naya men nefs ed-dem ou mkhelline 3ezwa yidrabni?"... Ce genre de paroles résument largement la mentalité d'une partie des marocains, très cachée, mais existante, malheureusement...
adine
06 Avr 2008, 00:00
J'ai assisté à des scènes de racisme pire que celle-ci au Maroc, donc arretez ce cirque, j'en ai marre de cette histoire, il est noir ou brun, donc son teint permettra à un marocain, français, chinoix ou quiconque de le pointer du doigt, donc "baraka", il ya bien d'autres articles plus intéressants à écrire et à lire comme par exemple, le cas des petites soeurs"bonnes" à meknes, maltraitées par une famille marocaine "musulmane", et jusqu'à présent aucun journaliste a eu le courage de publier sur le site. Dons à ce joueur, je veux lui dire la prochaine fois reste jouer au bled et ne vas pas en Europe.
Brice06
05 Avr 2008, 17:20
Cet article est pathétique. Vous mettez en en concurrence deux évênements qui n'ont absolument pas la même envergure, et vous vous en servez pour positionner en vicitime la communauté Beur. Vous cherchez à renforcer les tensions ?

Excusez moi, mais même si certes ce n'est pas tolérable de nos jours, d'un coté nous n'avons QUE un homme seul, qui se fait insulter par un imbécile raciste au cours d'un obscure match de foot que personne n'a vu, tandis que de l'autre, vous avez une banderole gigantesque qui a été déployée en finale de la Coupe de France, en prime time sur une chaine de TV nationale, et insultant de pédophiles toute une région, déjà fortement marquée il y a peu par l'affaire d'Outreau. Il est évident que les répercussions n'allait pas être les mêmes, pas de quoi s'étonner, et en faire un flan ou sous entendre que la France est raciste, c'est un peu facile ;-)

Allez, bonne continuation
Pour pouvoir poster un commentaire, veuillez vous authentifier
Login:
Mot de passe: