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Politique
Les berbères veulent s'inscrire dans l'ouverture du paysage politique national
Après les islamistes, désormais représentés par deux partis politiques légaux, les militants de la cause berbère au Maroc ont officiellement déposé une demande d'autorisation de création du Parti démocratique amazigh (PDA), dont le congrès constitutif est prévu le 15 novembre prochain.
Les berbères veulent s'inscrire dans l'ouverture du paysage politique national
S'il est autorisé par le ministère de l'Intérieur, le PDA sera la première formation politique au Maroc à se réclamer statutairement en faveur de la reconnaissance identitaire berbère (amazigh). Appuyée par un très puissant réseau associatif, la population berbérophone au Maroc est estimée entre 50 et 60% de la population totale (30 millions d'habitants).

«Il existe aujourd'hui une nouvelle sensibilité sur la question amazighe et il est temps de faire un travail politique pour éviter son instrumentalisation», a déclaré à l'Associated Press Omar Louzi, président du comité préparatoire du congrès constitutif du PDA. «Pour l'instant, le ministère de l'Intérieur observe un total mutisme sur notre demande», ajoute Omar Louzi.

«Le PDA est ouvert à tous les Marocains, arabophones et amazighophones», précisent les statuts du futur parti. Parmi les objectifs affichés du PDA figurent «le fédéralisme», «la promotion de la diversité culturelle, linguistique et religieuse» et la «promotion de la laïcité», alors que l'Islam et l'arabe sont la religion et la langue officielles de l'Etat marocain, selon la Constitution.

Interrogé sur la compatibilité de ces statuts avec le projet de loi portant réforme des partis politiques, qui interdit tout référentiel religieux ou ethnique, Omar Louzi rappelle l'autorisation accordée mardi à la création d'un nouveau parti islamiste, baptisé «Alliance civilisationnelle».

«Il ne peut y avoir deux poids, deux mesures en faveur des islamistes», explique le militant berbériste. «Le mot 'amazigh' ne renvoie pas à une race mais à une civilisation».

Habitants originels de l'Afrique du Nord et sahélienne, avant la conquête arabe du VIIIe siècle, les Berbères nourrissent un vif sentiment identitaire marqué par des rébellions régulières contre le pouvoir central (Rif au Maroc, Kabylie en Algérie, Touaregs au Niger).
Pour répondre à ces revendications identitaires, qui demeurent un sujet très sensible au Maroc, le roi Mohammed VI a mis en place en 2002 un institut royal de la culture amazighe (IRCAM). Dirigée par l'universitaire Ahmed Boukous, l'IRCAM a standardisé l'enseignement du tamazight (langue berbère) et de sa graphie (tifinagh), désormais introduits progressivement dans les écoles marocaines aux côtés de l'arabe.

Mais la fracassante démission en février de sept des membres de l'IRCAM, qui dénonçaient «l'absence de résultats palpables» de l'institution royale et «le manque d'avancées» de l'officialisation du Tamazight comme langue officielle du royaume, a relancé le débat politique sur la promotion de l'identité berbère au Maroc.

Nicolas Marmié
Source : Associated Press