Politique
Gaza: Trois journalistes bloqués au poste de Rafah
Après les médecins et les acteurs associatifs, ce sont maintenant les journalistes marocains qui volent au secours des populations civiles de Gaza. Mardi 13 janvier, une délégation de 17 journalistes est arrivée au Caire puis au poste frontalier de Rafah.
Gaza: Trois journalistes bloqués au poste de Rafah
La délégation est menée par Robert Ménard, ancien président de RSF et actuel président du centre de Doha pour la liberté de la presse, fondé par la Première dame du Qatar. «Notre objectif est de ramener du matériel à nos confrères à Gaza. Après 18 jours de combats et de blocus, cela peut paraître futile, mais ils manquent sérieusement de moyens pour travailler. Nous avons donc un chargement de batteries pour appareils photo, des caméras, des postes radio ou plus simplement du papier, des stylos et des gilets pare-balle», affirme Ménard. Tout a évidemment été financé par le centre qatari et, à en croire son président, les autorités égyptiennes se sont plutôt bien comportées avec cette initiative. «Nous avons pu obtenir les visas pour les trois journalistes marocains qui nous accompagnent. Nous avons été autorisés à rentrer à Rafah mais rien ne nous garantit l'accès dans la bande de Gaza», explique Ménard.

Morad Borja, journaliste-reporter marocain et directeur de l'agence AIC Press, n'est pas du même avis. Joint par téléphone, il était (jusqu'en milieu de journée) bloqué à quelques kilomètres du poste frontalier de Rafah. «Il y a un barrage avant le poste-frontière, explique-t-il. Il sert à filtrer les gens qui se rendent sur place. Une chose est sûre en tous cas, le passeport marocain n'est pas le bienvenu ici. Les ressortissants étrangers ont plus de facilité pour accéder à la frontière. Les policiers qui m'ont interrogé voulaient savoir ce que je comptais faire une fois à Gaza. Certains m'ont même confié qu'ils avaient des instructions d'empêcher les ressortissants originaires de pays arabes de se rendre en Palestine. Ils ont peur que des combattants puissent passer la frontière égyptienne», conclut-il.

A l'heure où nous mettions sous presse, les bombardements sur la frontière entre la bande de Gaza et l'Egypte empêchaient toujours les journalistes de passer le poste frontalier. «Nous savons que ce n'est pas évident mais force est de constater qu'il est plus simple de passer par le centre de Doha pour intervenir dans des pays arabes, sachant que je n'ai aucune relation avec la diplomatie qatarie», prévient Ménard.

Meriem Allam
Source: Le Soir Echos