Politique
UPM. L'Espagne pourrait damer le pion au Maroc
Quelles sont les chances du Maroc d'abriter le siège de l'Union pour la Méditerranée (UPM) ? Le ministre des Affaires étrangères français, Bernard Kouchner, a confirmé sur la chaîne France 24 que c'est lors de la réunion des chefs de la diplomatie de l'UPM, prévue en novembre prochain, que sera prise la décision finale.
La balance semble pencher un petit peu plus pour le Maroc après que l'Algérie ait officiellement annoncé qu'elle n'était pas candidate. Mais le Royaume a de sérieux concurrents : l'Espagne, la France, Malte et la Tunisie.

Selon Larbi Messari, ancien ambassadeur dans plusieurs pays hispano-lusophones, la question est quasiment tranchée. «C'est l'Espagne qui abritera le SG de l'UPM. Ils ont déjà prévu le bâtiment et les pays de la rive sud ont déjà eu la coprésidence (Egypte, NDLR). Il est difficile pour la France de l'accorder à l'Algérie ou au Maroc, en raison de leurs différends. Quand ce genre de calculs entre enjeu, c'est le système de quota qui est privilégié», analyse Larbi Messari.

El Hassan Boukantar, professeur de droit international, est d'un autre avis : «Il est encore tôt pour savoir. Le Maroc a de sérieux concurrents, mais il a ses chances aussi. Le Royaume a suffisamment d'attraits pour briguer ce poste. Une faut pas oublier que c'est une institution tournante, le secrétariat général lui reviendra un jour où l'autre», explique-t-il.

Certains observateurs avaient interprété l'absence de Mohammed VI lors du Sommet de Paris comme un message adressé à la France pour la pousser à accorder le SG au Maroc. Si Larbi Messari n'écarte pas cette éventualité, El Hassan Boukantar est catégorique : «Je ne pense pas. La politique étrangère marocaine a toujours privilégié la bonne foi, surtout à l'égard de la France». Selon Fathallah Sijilmassi, ambassadeur du Maroc en France, «on savait deux mois à l'avance que la décision sur le Secrétariat général ne sera pas prise durant le Sommet». Etait-ce la raison qui explique l'absence de Mohammed VI ? «Ça n'a strictement rien à voir», assure Fathallah Sijilmassi.

Des questions importantes concernant l'organisation du futur secrétariat général restent en suspens. Le secrétaire général sera-t-il issu du pays qui abrite le siège officiel, ou sera-t-il d'une nationalité différente, comme pour l'UMA ? «Il y a encore un débat entre ceux qui veulent un secrétariat politique et d'autres qui optent pour un secrétariat technique. Les avis sont partagés, même à l'intérieur des pays concurrents», assure Fathallah Sijilmassi qui termine sur une note optimiste : «Le Maroc est naturellement éligïble car sa vocation méditerranéenne ne fait aucun doute». Réponse, aux souhaits des uns et plans des autres, en novembre prochain.

Zakaria Choukrallah
Source: Le Soir Echos