Politique
Aucun remaniement n'est à l'ordre du jour selon Abbas El Fassi
La question d’un éventuel remaniement de l’actuelle majorité n’a pas été à l’ordre du jour des réunions entre le Premier ministre et les partis de l’opposition.
Le Premier ministre Abbas El Fassi a entamé, hier, avec l’Union constitutionnelle (UC), la deuxième manche d’un premier cycle de rencontres avec les partis de l’opposition, après une prise de contact, vendredi dernier, avec le Parti de la justice et du développement (PJD) et le Mouvement populaire (MP). Il faut souligner qu’il s’agit du premier cycle de contacts depuis la constitution du gouvernement Abbas El Fassi. Mais cette «première» n’a rien apporté de nouveau, estime un leader du Parti de la justice et du développement (PJD). Interrogé par ALM sur la teneur de ces réunions, Lahcen Daoudi, SG-adjoint du PJD, a brocardé «l’absence d’un ordre du jour précis». «Le Premier ministre s’est contenté de débiter des généralités», a martelé le responsable du parti islamiste, qui relève «un cafouillage gouvernemental notoire». «Le gouvernement est le symbole même du malaise que vit le pays aujourd’hui», a dit le député PJD.

A la question de savoir si un remaniement de la majorité est à l’ordre du jour, notamment après l’échec du huitième congrès de l’USFP (parti de la majorité), le député Daoudi a démenti que le Premier ministre ait évoqué cette question avec sa formation. Il a par ailleurs affirmé que son parti n’était pas concerné par cet éventuel remaniement. «Si un remaniement devait avoir lieu, il faudra voir plutôt avec le Mouvement populaire», a tranché le député islamiste. Contacté par ALM, le secrétaire général du Mouvement populaire, Mohand Laenser, n’a pas écarté cette possibilité.
«Le MP n’est pas sur le banc de touche, il joue pleinement son rôle en tant que parti de l’opposition. Mais si, demain, le MP est sollicité pour intégrer le gouvernement, nous saurons négocier», a-t-il promis. Pour la réunion de vendredi dernier, le responsable du MP a affirmé que c’était simplement une réunion ordinaire. «Ce genre de réunion est une prise de contact entre l’Exécutif et l’opposition», ni plus ni moins, a-t-il précisé, indiquant qu’il s’agit d’une «tradition » qui existe dans les grandes démocraties. Sur le fond de cette réunion, M. Laenser a évoqué des «concertations» sur différents sujets d’ordre politique, économique et social.
Le dirigeant MP a souligné que les dernières émeutes de Sidi Ifni ont été largement discutées avec le chef du gouvernement. En insistant sur le rôle de la commission d’enquête parlementaire qui se prépare à se rendre sur place, et sur la nécessité de prévoir des sanctions en cas d’abus ou de dépassements, M. Laenser a évoqué avec le chef du gouvernement la situation sociale et économique « déplorable » que connaît Sidi Ifni. Toujours sur la question du remaniement, un parti de la majorité a également démenti l’évocation de la question. Une source au parti de l’Istiqlal, dont le SG n’est autre que le chef du gouvernement Abbas El Fassi, a affirmé à ALM qu’il n’a été à aucun moment «question de remaniement de la majorité».

«L’initiative des rencontres s’inscrit dans le cadre de l’engagement du Premier ministre à maintenir un canal de communication et des contacts avec l’opposition», a précisé la source istiqlalienne. Rappelons que la rencontre du Premier ministre avec les principaux partis de l’opposition avait suscité beaucoup d’interrogations dans les rangs des partis de la majorité d’autant plus que les principaux alliés du parti de l’Istiqlal n’ont pas été invités à y participer. Ce qui a été interprété comme une tentative du chef du gouvernement de prospecter des voies de recours en cas de blocage de la majorité actuelle suite à la crise que traverse actuellement l’USFP.

M’Hamed Hamrouch
Source: Aujourd'hui Le Maroc