Publié le 07.03.2008 | 18h55
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Tout le monde a quelque chose à demander à Mohammed Chaïb. Dans le hall fastueux du Parlement de Catalogne, son portable n'arrête pas de sonner. Le député regarde le numéro appelant, hésite à répondre, se sent coupable, décroche en soupirant. Selon l'interlocuteur, il enchaîne en catalan, en espagnol, en français, en arabe. C'est un membre du Parti socialiste catalan qui lui fait part d'un sondage pour les élections du 9 mars ; sa mère qui s'inquiète de savoir s'il va bien ; un Marocain de Barcelone qui lui demande de l'aider parce que son propriétaire veut résilier son bail...
Mohammed Chaïb, du bled au Parlement catalanIl prend le temps de répondre, donne à l'un ses commentaires, fait à l'autre la promesse de passer la voir, propose au dernier l'aide de son avocat. La voix enjouée malgré la fatigue. "Depuis que je suis élu, les Marocains d'ici sont persuadés que je suis Dieu : un parlementaire qui vient de chez eux, comme eux, peut-il être un simple humain ?"

Sa mère n'est pas seule à être fière de lui. A 45 ans, ce petit brun trapu et rieur qui vous tutoie aussitôt est un symbole : le premier parlementaire d'origine marocaine en Espagne, le premier député musulman au pays d'Isabelle la Catholique, encore si profondément imprégné par l'autorité de l'Eglise. Député socialiste au Parlement de Catalogne depuis 2003, Mohammed Chaïb est un signe de la nouvelle Espagne. De cette terre d'émigration devenue soudain terre d'immigration ces dix dernières années. La droite espagnole en fait un thème de campagne. Les étrangers représentent 10 % de la population, et les plus nombreux sont les Marocains.

Contrairement à la plupart d'entre eux, Mohammed Chaïb n'a pas traversé la mer dans les années 1990, de forte croissance en Espagne, mais dans les années 1960. Ses parents, ne sachant ni lire ni écrire, n'en pouvaient plus de leur vie de misère en banlieue de Tanger. Son père, Ayachi, avait choisi sa femme, une jeune fille de 14 ans, parmi les familles voisines. Ils avaient eu leurs quatre premiers enfants. Le travail manquait. Avec ses copains d'infortune, le père s'est mis à rêver. A prononcer les mots magiques : "France", "Hollande", "Allemagne", "plein-emploi", "beaucoup d'argent". Pour y accéder, un passage obligé : l'Espagne.

Un jour de 1963, Ayachi Chaïb a pris le bateau pour Algésiras. En pleine dictature franquiste, alors que les immigrés se comptaient sur les doigts de la main, il a obtenu une carte tamponnée du ministère de l'emploi. Sur le chemin de la France, il a fait escale à San Boi de Llobregat, près de Barcelone, a trouvé un boulot aux cuisines... et il s'est arrêté là. C'était le premier Marocain que l'on voyait à San Boi. En 1966, il a fait venir sa femme et ses enfants. Mohammed avait 4 ans.

Mohammed Chaïb s'amuse du hasard qui l'a amené là, sous les dorures du Parlement de Catalogne. Avec sa famille, il avait pourtant dû faire à l'envers le chemin de l'exil, en 1975 : le conflit entre l'Espagne et le Maroc sur le Sahara avait bloqué le père à l'entrée de l'Espagne, après un séjour au bled. Toute la famille, agrandie à huit enfants, se réinstalle alors à Tanger. Retour à la case départ... ou presque : grâce à ses économies espagnoles, Ayachi acquiert une maison et un minuscule café. Mohammed, 13 ans, rêve de continuer l'école. Faute de maîtriser l'arabe, il aide son père au café.

"J'étais perdu. Je ne parlais que le castillan et le catalan. Je ne pouvais pas aller à l'école ni jouer dans la rue. On m'appelait "l'Espagnol"." Au café, les clients font des parties de dames. Mohammed entend l'un d'eux commenter le jeu en castillan. Il se jette sur lui. Celui-ci lui apprend l'existence d'une école espagnole, à 5 km de la maison. Trop loin pour ses soeurs, pas assez motivant pour ses frères. Il est le seul de la famille à vouloir étudier. 5 km à pied le matin, 5 km le soir. Un effort que ses parents acceptent sans comprendre et qui le conduira jusqu'à la faculté de pharmacie, à Barcelone. Puis à la politique. "Le joueur de dames habite toujours Tanger, il sait combien mon destin est lié à lui. Au Maroc, je suis la fierté, "le Député"", dit-il.

Voilà comment le Marocain Mohammed Chaïb devint espagnol. Il précise : "espagnol, et d'abord catalan". Non par idéologie, mais par situation. Non pas indépendantiste, mais sentimentalement attaché à son nouveau terroir : marié à une Catalane, père de deux enfants élevés à l'école publique catalane, arborant sur le revers de son costume un "pin's" du drapeau catalan, participant à la San Jordi (fête catalane) et surtout supporteur quasi fanatique du FC Barcelone, contre le Real Madrid. Ne vous étonnez pas de rencontrer, à Tanger, des drapeaux et des maillots du FC Barcelone : Mohammed Chaïb, qui s'est démené pour créer au Maroc des "penias" (clubs officiels de supporteurs), est un prosélyte actif.

Etre actif, chez lui, c'est une manie. Son diplôme de pharmacie en poche, il travaille dans un laboratoire, mais sa vraie vie se passe au service des autres. Et surtout de ceux qui ont le plus besoin de lui : les Marocains d'Espagne. Il fonde Ibn-Battuta, l'une des premières associations d'aide à l'intégration, fournissant aides juridiques et cours de catalan. Il cofonde le Conseil islamique, destiné à intégrer les musulmans dans cette société non musulmane et à former les imams en catalan. Avec l'essor spectaculaire de la communauté marocaine, il devient vite le médiateur indispensable entre les Marocains et l'administration catalane, entre la Catalogne et le Maroc. En 2003, le président du Parti socialiste catalan, Pascual Maragall, lui demande de se présenter aux élections législatives régionales. Il est élu, réélu. Agit. Milite pour la création d'une mosquée à Barcelone, "condition pour que les Marocains aient un sentiment d'appartenance à la Catalogne". Ricard Zapata, professeur de sciences politiques à l'université Pompeu Fabra de Barcelone, salue "sa manière unique de créer des liens entre les communautés et de faire avancer la société espagnole".

Pour Mohammed Chaïb, la question la plus épineuse de l'immigration est le conflit entre les générations : faire accepter aux parents l'intégration de leurs enfants dans un monde qui n'est pas le leur. En se mariant à une Catalane, lui-même en a fait douloureusement l'expérience. A ses propres enfants (15 et 6 ans), il demande de parler marocain et de l'accompagner à la mosquée. "Pour qu'ils sachent d'où ils viennent. Mon devoir est de le leur dire, mais c'est tout. Leur vie est à eux."
Parcours

1962
Naissance à Tanger (Maroc).

1966
Première installation en Espagne.

1981
Etudes de pharmacie à l'université de Grenade (diplômé en 1988).

1994
Fonde l'association Ibn-Battuta, à Barcelone.

2003
Elu député au Parlement de Catalogne (réélu en 2006).

2008
Soutient le candidat socialiste, José Luis Rodriguez Zapatero.

Marion Van Renterghem
Source: Le Monde
charme_respect
11 Mar 2008, 00:56
bcatalunya Si vos propos sont vrais, relatif au député d'origine marocain, je m'endoute pas de votre analyse, ce genre de type ,ce que j'appelle des vaches qui souvent en Espagne ou ailleurs sont considerés non simplement des députés,mais des laches" ne defendent guerre les problemes des marocains en Espagne,le marocain de ce genre heureusement trés rare,comme un singe, lorqu'il grimpe l'échelle,te fera montrer son cul .
bcatalunya
10 Mar 2008, 23:51
"Depuis que je suis élu, les Marocains d'ici sont persuadés que je suis Dieu"
Deux remarques:
1- la première c´est honteux pour un musulmans de se comparer à Dieu.
2- Les marocains dans l´ensemble ont autres choses à faire que demander l´aide à quelqu´un qui ne le prête même pas à sa famille. Tout le monde sait que Monsieur Chaib se dédie à ses intérêts au lieu de fournir un efort pour la communauté marocaine.
Depuis deux mandants, dites-moi ce qu´il a fait pour les marocains en Catalogne??????
Vous allez vous surprendre si vous dit que c´est la première fois qu´il pense à manipuler les quelques analphabetes qui le soutient pour créer une fédération des marocains juste pour montrer au maroc qu´il a un soutient de toute la communauté marocaine.

C´était honteux de voir comment depuis le consulat le prépare une fête à laquelles mes amies ont été presentes pour dire que la situation est controlée en catalogne.
Ce que je sais c´est que: un groupe a déjà manifésté son desaccord pour sa nomination au conseil royal des marocains.
Le grand problème des associations marocaines en Ctalogne s´appelle: Mohammed CHAIB car on ne peut jamais construire un projet autour d´une perosonne sinon autour d´une structure solide. Cette structure n´existe pas malgré les deux mandats d´élu. Par contre les citoyens de l´amérique latine ont déja crée des federations et travaillent ensemble malgré leur difference.

bcatalunya
09 Mar 2008, 16:24
En fait, nous devons être fier d´une dépêche aussi importante de la participation d´une personne d´origine marocaine au Parlement catalan publié sur le monde para le journaliste …... Personne n´a douté à soutenir Monsieur chaib pour faire sa carrière politique et ouvrir la participation aux immigrés en général. Néanmoins, je me sens dans l´obligation d´informer sur quelques points que le lecteur doit tenir en compte pour savoir tout ce qui se passe en Catalogne.

En effet, à la première présentation de Chaib comme candidat aux élection de la main de l´ex président Pasqual Maragall qui a senti trahi par celui-ci pour des raisons que notre compatriote devra expliquer pour question de transparence politique que ce pays nous a enseigné et appris, une part de la communauté de marocaine s´opposait à cette participation qui jugeait qu´il s´agissait folklorique et qui ne cherche de solutions qu´à des intérêts personnel et non pas au problème de la communauté marocaine de la catalogne.

La réponse de notre respectable député a été que les marocains ne comprennent pas le système politique de la catalogne et s´ils pensent qu´ils sont encore au Maroc. L´information est publié su un journal espagnol « el mundo.es »pour si quelqu´un voulait la consulter, vous la trouverez sur le link suivant : http://www.elmundo.es/2003/09/29/catalunya/1484252.html.

Il s´agit du premier exemple pour comprendre cette personne et j´ajoute que tout ce que je publie ici est scientifique qui n´a rien à voir avec les points de rencontres ou de divergences avec lui.

Pour laisser la place aux autres, je m´arrête ici avec la promesse de vous faire parvenir autant d´information afin de connaître ce que se passe en Catalogne. À titre d´exemple :
1- Relation avec le Conseil Islamique et familiale de la catalogne.
2- La multinationale Ibn Batouta.
3- Le passage pour la Widadiya de Barcelone.
4- La tactique pour l´élimination des petites et moyennes association de la Catalogne.
5- La résistance a participé aux sit-in pour l´intégrité territoriale du Maroc pour perte de confronter la réalité de la catalogne qui ne pardonne pas ce qui peut travailler pour le Sahara Marocaine.
6- La dernière visite des députés socialiste au Maroc qui n´a été pas communiqué en Catalogne ni publié sur aucun moyen de communication espagnole : Double poids, double mesure
7- la liste est longue, mais je n´ai aucun de problème de le faire parvenir afin que tout le monde sache la vérité sur ce qu´on fait en Catalogne et ce qu´on prétend faire savoir aux autres.
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