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Imprimer l'article Les dénonciations des ONG internationales contestant la détention politique au Maroc fusent de partout. Mais la question lancinante qui se pose : y a-t-il encore des détenus politiques au Maroc ? Ayant présenté ses conclusions il y a deux années, l’Instance Equité et Réconciliation (IER) avait été, pour une bonne partie de l’opinion publique, un signal fort dans le processus de rupture avec les années de plomb. D’aucuns annonçaient alors la fin de la détention politique. On disait le processus enclenché irréversible.Or, le sujet revient en force au devant de l’actualité nationale par le biais de communiqués et de lettres adressées par des ONG, internationales et nationales, aux décideurs marocains, demandant de mettre un terme à la détention politique. Il faut signaler que dans son rapport final, l’IER avait évoqué dans ses recommandations « la prohibition de la détention arbitraire ». Ces termes englobent aussi, selon les défenseurs des droits de l’Homme, la détention pour des raisons politiques. Mais, le processus de l’IER ne semble donc pas avoir permis de clore le dossier des atteintes aux libertés politiques, avancent des membres d’organisations de droit de l’Homme. Plus que cela, ils estiment que « les violations graves se poursuivent, non seulement dans le cadre de la lutte anti-terroriste, mais également à l’encontre des défenseurs des droits humains ». Ils citent à ce titre une dizaine de militants de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), encore poursuivis, des syndicalistes, des membres d’Attac-Maroc, des islamistes, des amazighes... Etayant leurs propos par des exemples concrets, les défenseurs des droits de l’Homme rappellent les arrestations du 1er mai dernier suite auxquelles, selon la même source, les détentions à caractère politique se sont amplifiées. Près d’une dizaine de militants syndicalistes et des membres d’associations ont été arrêtés, pour être ensuite rapidement et lourdement condamnés. Il leur est à chaque fois reproché de porter « atteinte aux valeurs sacrées du royaume », rapportent des défenseurs des droits de l’Homme. C’est ce qui avait conduit à la création d’une « Instance nationale pour la solidarité avec les détenus du 1er mai 2007 » (INSAD-1er mai). Créée à l’initiative de plusieurs associations, de syndicats et d’organisations politiques, cette nouvelle instance revendique « la libération de tous les prisonniers politiques, l’annulation des poursuites judiciaires en cours et le respect des droits fondamentaux que sont le droit de grève, de manifestation et de liberté d’expression ». Le CCDH (conseil consultatif des droits de l’Homme), l’instance la mieux placée -depuis que le ministère des droits de l’Homme est supprimé- pour s’exprimer sur le sujet, n’a pas réagi. Le Reporter a essayé de recueillir l’avis, autorisé, du président du CCDH sur le sujet, mais ce responsable s’est excusé arguant qu’il avait un déplacement en Mauritanie. Ainsi donc le Maroc subit, en silence, la pression internationale exercée par des ONG et qui monte crescendo. Le 1er mai provoque une vague d’arrestations Des manifestations ayant eu lieu lors de la célébration du 1er mai de l’année dernière ont été dispersées par les forces de l’ordre. Des arrestations de plusieurs manifestants ont été opérées dans certaines villes : à Rabat, Casablanca, Marrakech, Agadir, Oujda, Bouarfa, Khénifra, Béni Mellal, Ouarzazate et Ksar El Kébir. Sept militants de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH) ont été arrêtés après avoir participé aux défilés du 1er mai dans différentes villes. Cinq d’entre eux ont été arrêtés à Ksar El Kebir. Il s’agit de Thami Khyati (36 ans), président de l’association nationale des diplômés chômeurs, Youssef Reggab (23 ans), Oussama Ben Messaoud (26 ans), Ahmed Al Kaateb (25 ans), membres des associations locales des diplômés chômeurs, et Mohamed Rabii Raïssouni (26 ans), employé, syndicaliste à l’UMT et secrétaire local de la jeunesse de Annahj Addimocrati. Tous ont été condamnés le 22 mai 2007, en première instance, à trois ans de prison ferme et à 10.000 dirhams d’amende chacun. Cette peine a été augmentée en appel, le 24 juillet dernier, à quatre années de prison pour « atteinte aux valeurs sacrées du royaume ». Lorsqu’ils étaient convoqués par la police judiciaire, entre les 2 et 5 mai, ils avaient été interrogés sur les slogans qu’eux-mêmes ou d’autres personnes avaient scandés. Les militants ont affirmé n’avoir scandé que les slogans revendicatifs de leur organisation et n’avoir entendu aucun slogan illégal. Le procureur les a incarcérés selon la procédure de flagrant délit. Deux autres militants, El Mehdi El Berbouchi (AMDH, étudiant, dix-neuf ans), et Abderrahim Karrad (ouvrier membre du bureau du syndicat agricole affilié à l’UMT, 25 ans) ont été arrêtés, le 1er mai, après la fin de la manifestation au siège de l’UMT d’Agadir avec trois autres militants. Ils ont été inculpés aussi pour « atteinte aux valeurs sacrées » en vertu des articles 179 du code pénal et 38 et 41 du code de la presse. Le procureur du Roi les a accusés d’avoir scandé des slogans qui s’en prennent à la monarchie. Ils ont été condamnés à deux ans de prison ferme le 10 mai et à dix mille dirhams d’amende chacun par un tribunal d’Agadir. Leur condamnation a été confirmée en appel, le 26 juin. Parallèlement à ces événements, l’INSAD a appelé à des sit-in de solidarité avec les détenus politiques dans plusieurs villes du Maroc. Les 5 et 6 juin, 10 militants de l’AMDH, de la CDT et d’Attac Maroc ont été arrêtés à Beni Mellal après avoir participé au sit-in de solidarité avec les sept militants de Ksar el Kébir. Le 26 juin, 4 parmi eux ont été condamnés eux aussi, pour « atteinte aux valeurs sacrées » à un an de prison et 1000 dirhams d’amende. Mohamed Bougrine, (72 ans), qui a déjà passé 18 ans comme détenu politique, a écopé pour le même motif de deux mois de prison avec sursis et d’une amende de 500 dirhams aux côtés d’Abdelkbir Rabaaoui (membre de l’association des diplômés chômeurs et de l’AMDH), Brahim Ahansal et Mohamed Yousfi (Attac Maroc). Mohamed Boughrine a refusé de faire appel de sa condamnation, déclarant qu’il avait le droit d’exprimer ses opinions. En réaction à ces condamnations, des lettres et communiqués d’Amnesty International, de la FDIH, d’Attac-Europe, d’Attac-France, du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’homme, de Reporters Sans Frontières, de l’Organisation mondiale contre la torture ne cessent de pleuvoir sur le Maroc. Les détenus d’Al Adl Wal Ihssan Al Adl Wal Ihssan se dit aussi ciblé par les détentions politiques. Ses derniers détenus ont été cités par Amnesty International dans ses communiquée. AI relève que plus de 3000 membres d’Al Adl Wal Ihsan auraient été interrogés par la police après le lancement, en avril, d’une campagne de communication au cours de laquelle des membres de la « jamaà » ont ouvert leur maison au public afin de présenter les documents publiés par leur mouvement. Al Adl à chaque occasion parle aussi de ses 12 détenus condamnés à vingt ans de prison au début des années 90. Le dernier cas évoqué dans ce registre est celui de Omar Mohib arrêté le 15 octobre 2006, suite à un avis de recherche lancé à son encontre depuis 1993, en relation avec des évènements universitaires. Condamné à 10 ans de prison en première instance, la chambre criminelle de la cour d’appel de Fès a commué cette peine en 2 ans de prison ferme. La chabiba islamiya d’Al Adl et son comité des droits de l’Homme viennent de contester le transfert de Omar Mohib de la prison civile de Fès vers celle de Sefrou. Les détenus amazighs Les mouvements amazighs dénoncent les dernières arrestations effectuées dans la région de Ourzazate (Boumaln N’Dades, Khemis N’Dades, Msemrir, Tilmi...) Dix militants amazighs sont poursuivis en justice pour « trouble à l’ordre public ». Il s’agit de Noureddine Adjik, Moulay Brahim Ait Said, Mustapha Atil, Mimoun Chaouki, Abdennacer Charif, Mustapha Elouardi, Mohamed Hssein, Brahim Orouzane, El-Houssein Oubali Et Younes Oudali. Les appels à la solidarité avec ces derniers ne cessent d’être diffusés sur internet... Brahim Mokhliss Source: Le Reporter
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31 Jan 2008, 17:08
the new york times
MICHAEL MOSS et SOUAD MEKHENNET
Publié : le 31 décembre 2007
CASABLANCA, le Maroc
Le prisonnier politique Ahmed Rafiki est étendu sur le divan de fortune dans sa cellule, un henné rouge frais teint sur ses longs cheveux et barbe. Connu à d'autres militants comme le père des djihadists marocains, il a été reconnu coupable en 2003 de mener des jeunes marocains pour se battre contre des Américains en Afghanistan.
Mais ici dans la Prison Oukacha, M. Rafiki, un ecclésiastique Islamiste, termine les derniers mois de sa sentence dans le style.
Ses repas sont approvisionnés trois fois par semaine par ses deux femmes. Son embrasure mène à un jardin privé et à un bain. Il a deux radios et une télévision, un stand pour lire son Coran et une garde-robe de vêtements Islamiques croquants et repassés.
"Dans mon cas," a-t-il dit avec un sourire, "ici les gens me traitent bien."
L’interrogation sur la nature de la détention pour laquelle on connaît des prisons marocaines et la vie de prison en peluche de M. Rafiki est l'évidence même d'un jeu d'équilibrisme maladroit entre les mesures de répression sur des militants dans beaucoup de pays et le pouvoir .
C est par des grèves de la faim et des protestations que M. Rafiki et 65 autres résidents militants d'Oukacha ont gagné de petits bénéfices - incluant l'utilisation exclusive des chambres conjugales - qui les fait l'objet d'envie de 7.600 autres résidents de la prison.
Récemment, l avocat de l un des prisonniers a remis au surveillant de la prison une demande signée par les autres résidents non liés avec le terrorisme, et qui exigeaient un temps égal avec leurs femmes.
"' Pourquoi obtiennent-ils beaucoup plus de droits que nous ? L'avocate, Assia El Ouadie, a dit que les autres prisonniers lui demandaient constamment. "' Voulez-vous que nous devenions des prisonniers de terrorisme et ensuite nous obtiendrons ces droits ?
Comme de plus en plus les militants sont emprisonnés dans le monde entier - souvent par des gouvernements connus de conduire des interrogatoires extrêmes - les prisonniers réussissent à gagner une sorte de force de levier brute sur les responsables de la sécurité qui luttent pour calculer comment les manipuler ou les traiter.
Draconien, ou même strict, le traitement des résidents radicaux qui peut mener à l'agitation de la prison et de la condamnation publique, particulièrement dans les pays avec des populations musulmanes assez considérables. En même temps, les officiels craignent que les militants intégristes transforment les prisons en lieux principaux pour la radicalisation et le recrutement.
« Plus que n'importe quel temps dans l'histoire moderne du terrorisme, les prisons sont devenues un front clef dans la guerre à la terreur », Dennis Pluchinsky, un ancien analyste d'intelligence senior au Département d'Etat, a écrit dans un rapport pour le gouvernement des Etats-Unis un peu plus tôt cette année.
Il a évalué qu'il y avait 5.000 résidents djihadists sont détenus dans le monde entier, ne comptant pas ceux tenus en Irak et l'Afghanistan, et que seulement 15 pour cent avaient reçu des condamnations à perpétuité ou la peine de mort, signifiant aussi que le reste serait finalement mis en liberté.
Au Maroc, comme à travers le monde arabe et dans quelques pays européens comme l'Espagne et la France, la condamnation des militants est à peine la fin du problème. Plusieurs obtiennent des sentences de seulement quelques années et les gouvernements arabes continuent à sortir des centaines d intégristes chaque année par des pardons massifs afin de réprimer des mouvements Islamiques fondamentalistes.
En avril dernier, une réunion s est tenue au Maroc sur la radicalisation des prisonniers Islamiques et a vu la participation des représentants de 21 pays. "Il y a un peu de confusion dans le traitement de la surcharge et à l attribution d un sous financement des systèmes de prison, vous les traitez comme des prisonniers de cas spéciaux," a dit un officiel britannique qui a aidé à diriger la réunion, et qui a parlé anonymement en citant que les critiques hostiles diplomatiques étaient normales. Les officiels britanniques reconnaissent qu'ils se sont trompés au début des années 1980 quand ils ont donné aux prisonniers Républicains irlandais D'armée -IRA- un bloc cellulaire propre, seulement à les voir effectuer les grèves de la faim fatales ils ont gagné l'appui public.
Mais les autorités disent que des résidents Islamiques militants sont même plus sophistiqués. Les manuels d'Al Qaeda instruisent aux prisonniers sur la façon de résister aux interrogatoires, comment et quand faire des grèves de la faim, discuter les salaires et utiliser le temps de prison pour renforcer des convictions religieuses. Ce mois-ci, les officiels australiens ont rapporté qu un groupe de 40 résidents Musulmans qui n étaient pas considérés comme des extrémistes précédemment , ont été trouvé utilisant des conseils d'un manuel pour s'organiser et pour protester en scène dans une prison près de Sydney. Les officiels ont répondu en les dispersant parmi d'autres prisons.
Mais c'est à peine une stratégie fiable. Quand les membres du groupe Qaeda -dit Fatah l'Islam et qui a combattu avec l'Armée libanaise pendant trois mois cette année- ont été enfermés à clef dans la Prison Roumieh près de Beyrouth, les autorités libanaises ont trouvés que ces derniers avaient utilisé des téléphones portables de contrebande pour entrer en contact avec d'autres militants emprisonnés et leurs familles à l'extérieur.
Quelques pays du Moyen-Orient et européens utilisent des imams modérés dans des prisons dans l espoir de réprimer la ferveur extrémiste. "Vous devez vous battre contre leur idéologie avec l'Islam et contre leur fausse interprétation d'Islam," a dit un responsable de la sécurité syrienne.
Le plus grand souci est que les militants retournent au combat une fois sortis, malgré la prison ou peut-être à cause de la prison.
C'est ce que Mohammed Mazouz a fait après qu'il a été libéré en 2004 de la maison d'arrêt américaine à la Baie de Guantánamo, Cuba. Il a été pris l'automne dernier au Maroc quand il se préparait à partir pour l'Irak pour se battre contre des troupes américaines. "Je ne peux pas oublier ce qu'ils ont fait de moi," a-t-il dit de ses ravisseurs américains, pendant un entretien dans une prison marocaine. "Je ne peux pas oublier de toute ma vie. Je les déteste."
Il a été libéré deux jours plus tard.
Hausse du Fondamentalisme
Le Maroc avait peu de militants Islamiques dans ses prisons pendant les années 1990, on trouvait surtout des gauchistes, irrités par la pauvreté du pays et la corruption officielle et qui avaient posé plus d'une menace à la monarchie. Le roi Mohammed VI a commencé une série de libéralisations après son intronisation en 1999. Encore un nouveau défi montait, comme le fondamentalisme Islamique balayait le monde arabe l'appui public a trouvé sa place au Maroc.
Tandis que les leaders Musulmans les plus populaires ont professé la non-violence, les radicaux ont commencé à projeter des attaques terroristes.
En mai 2003, huit semaines après que les Etats-Unis aient envahi l'Irak, le Maroc a été frappé par une lâche attaque terroriste. Une douzaine d'auteurs d'attentat suicide ont frappé un café, un hôtel et des établissements juifs dans Casablanca, tuant plus de 30 personnes. La lutte entre les militants et le gouvernement a atterri dans les prisons du Maroc.
Des centaines de suspects ont été retenues. Dans les interviews de prison avec le New York Times, cinq hommes ont dit qu'ils avaient été torturés pendant les interrogatoires, qu ils ont subi une méthode du viol anal connu comme “le traitement de la bouteille.”
En tout, plus de 1.400 hommes ont été condamnés des charges concernant le terrorisme et emprisonnés. En mai de 2005, les militants ont commencé une grève de la faim de 28 jours, en utilisant la contrebande et les téléphones portables pour rassembler des compatriotes partout dans le système de prison.
Un ancien détenu militant, Abderahim Mohtad, a motivé un groupe de prisonnier et a remué le soutien public en faveur des grévistes. “Leur force vient de leur conviction en Dieu,” a-t-il dit dans son bureau store front, où un mur est couvert avec les peintures d'internés militants. Vous l'avez torturé, vous n'avez rien reçu de lui. Vous l'avez arrêté et vous n'avez rien reçu de lui. Vous les avez jugés et certains d'entre eux avaient été jugés à mort et ils rient toujours.”
Pendant que les bombardements de Casablanca avaient humecté la sympathie des islamistes aux groupes terroristes, l'animosité vers les États-Unis a couru fort. Les militants emprisonnés ont été vus comme motivés par la guerre en Iraq et par le rôle du Maroc dans la campagne de l'Amérique contre le terrorisme.
Le Maroc a participé à un effort de contre-terrorisme de tout le Sahara financé par les États-Unis, en aidant à réunir et partager l'intelligence et en retenant des suspects de terrorisme.
Beaucoup d'internés ont protesté qu'ils n'avaient aucun rôle dans les bombardements et les autorités marocaines ont admis dans les interviews récentes que beaucoup avaient été arrêtés simplement pour éteindre une idéologie extrême.
Quand la grève a fini, les cours de justice ont réduit les sentences de certains militants et le roi a pardonné encore des centaines. Ceux-là qui sont restés dans la prison ont commencé à recevoir des privilèges spéciaux.
“Ils ont commencé avec les grèves de la faim et les problèmes,” a dit Abdelati Belghazi, le directeur de Prison Zaki, au nord de la capitale, Rabat. “Les mass média et les organisations ont commencé à être impliquées. Et parce que nous avons voulu qu'ils restent arrêtés, nous avons dû leur donner certaines petites choses qu'ils ont demandées. Et ensuite ils ont commencé à se sentir beaucoup plus forts parce qu'ils ont vu qu'ils ont reçu qu'ils ont voulu. Et donc ils ont demandé de plus en plus.”
Plus d'Espace dans les Cellules de prison…
À Zaki, une des deux prisons où The Times a interviewé des internés militants et des fonctionnaires de prison, les 309 détenus comme des terroristes ont eu beaucoup plus d'espace dans leur cellule - le faisant en moyenne de 3 hommes dans chaque cellule pour les prisonniers islamistes, par rapport à 22 par cellule pour les 3.500 internés réguliers de la prison- un fonctionnaire de prison a dit.
Les gardes ont lancé un Coran par terre, un représentant militant dans Zaki, Yassine Aliouine, s'est plaint. Puisque les gardes sont des Musulmans, Mme Ouadie a dit qu il est plus probable que le livre saint soit simplement tombé.
“Oui, mais ils l'ont vu et ne l'ont pas ramassé,” a répondu M. Aliouine.
Quand Mme Ouadie a discuté avec le directeur de prison M. Belghazi sur ce sujet, il a sorti une cassette vidéo de surveillance où le Coran a été abusé et, un surprenant changement de scénario a émergé.
La vidéo a montré les gardes recueillant un seau plein d objets électroniques de contrebande, dont les téléphones portables. Ils ont trouvé un poster qui a énuméré des groupes militants et leurs chefs. Ils ont découvert un couteau de poche cuit au four dans un pain de maison et le directeur a jeté encore une douzaine de lames sur une table que les militants s'étaient fabriqués de leurs fenêtres.
Malgré de telles saisies périodiques, les internés militants dans plusieurs prisons marocaines ont été en mesure d'appeler des correspondants de The New York Times, tant auparavant qu'après les visites.
Oukacha, dans Casablanca, est la meilleure adresse des militants emprisonnés. Même le directeur, El Maati Boubiza, a dit qu'il a été stupéfié quand il a pris l'emploi l'année dernière. “Leurs portes de cellule étaient ouvertes 24 heures,” a-t-il dit. “ Ils utilisaient les chambres conjugales et cela dés l aube à 6h00”.
La cellule block 5, où beaucoup de militants vivaient, fonctionnait comme un petit village.
Les internés faisaient des matches de boxe. Les moutons étaient égorgés pour les vacances. Dans une des deux cuisines, un cuisinier a fièrement affiché sa coutellerie et une matrice de récipients qui ont tenu des livraisons fraîches des familles d'internés.
En bas le hall, Hassan Kettani, un théoricien Islamique illustre dans les cercles djihadists globaux, déclinait pour être interviewé sur la vidéocassette -jusqu'à ce qu'il ait changé ses vêtements quotidiens-. Quelques minutes plus tard, il s'est baladé en bas dans le vestibule, non accompagné et a posé dans une robe blanche et une coiffure d'or. “Nous étions dans la très mauvaise forme quand nous avons été capturés,” a-t-il dit des jours avant la première grève de la faim. “C'était dur.”
Les militants ont aussi cherché à tirer le soutien public en écrivant des lettres aux journaux locaux et aux Sites Internet djihadist, en se plaignant alternativement de leur incarcération et en se présentant comme un devoir realisé avec joie.
“Dans notre religion, nous croyons dans le destin et je crois dans notre religion, nous croyons dans le destin et je crois que Dieu me l'a écrit et je dois passer par ces événements,” a dit M. Rifiki, l'ecclésiastique militant, du groupe Salafia Jihadia — ou la Lutte d'Ancêtres — qui est considéré comme une organisation terroriste qui arrive de l'Afrique du Nord à l'Europe.
L empêchement de vue des militants les plus durs à l intérieur de la prison peut être une impossibilité, mais Mme Ouadie a dit que les autorités de prison pourraient aider à arrêter le cycle de radicalisation en séparant des prisonniers Islamistes modérés des plus extrêmes. “J'arrangerai des enseignements Islamiques et les traiterai aussi d'une façon humaine,” a-t-elle dit.
Cependant, les attaques terroristes continuent au Maroc et ce malgré les concessions aux internés militants islamistes car les interrogatoires restent durs par la police et les agents d'intelligence, selon les interviews avec les internés.
Allégations de Torture
Pendant que les fonctionnaires marocains refusent de commenter les allégations de torture, les accusateurs citent un ancien officier d'enquêtes avec le service de sécurité nationale, Abderahim Tarik, qui a été arrêté l'année dernière sur le soupçon de ses liens à un groupe militant, qu'il nie.
M. Tarik a dit que depuis six jours dans un poste de police appelé Temara, il a été battu avec les brindilles, déshabillé jusqu'à la ceinture, trempé avec de l'eau froide et a été électrocuté avec un petit fil électrique sur ses pieds et son anus. Ils ont commencé à me dire que nous apporterons votre femme demain et nous la violerons directement devant vous,” il a dit.
Abdelfattah Raydi exemplifie le cycle d'arrestations, incarcération et attaques.
M. Raydi, arrêté en 2003 comme un sympathisant militant, a dit dans une lettre qu'il a écrite dans Oukacha à un groupe de droits de l'homme, obtenu par The Times, qu'il a subi torture tant physique que psychologique. “Il m'a battu jusqu'à ce que je me sois évanoui,” a-t-il écrit d'un de ses interrogateurs. Abdelfatif Amarin et deux autres compagnons de cellule de M. Raydi dit que M. Raydi leur a dit que l'on lui avait donné le "traitement de la bouteille.”
“Je me souviens qu'il avait des cauchemars et a crié pendant son sommeil,” a dit un interné, en demandant de ne pas être identifié de crainte des représailles par les fonctionnaires de prison. “Il m'a dit plusieurs fois, ‘je jure à Dieu, si j'auvais su qu'ils me le feraient, je me serais tué auparavant.”
Dans la prison, M. Raydi a passé le temps avec un chef militant appelé Hassan Al-Khattab, selon les internés et ils ont été tous les deux libérés dans le pardon de masse du roi en 2005. M. Raydi s'est marié, a trouvé du travail et est parti du bidonville où il a été élevé avec six frères dans une baraque d'une pièce, ses amis et ses parents l ont dit.
l'année dernière, selon les autorités, il a rejoint M. Khattab dans un groupe terroriste désorganisé. M. Khattab a été arrêté et attend sa condamnation. Mais M. Raydi a évité la capture et été recherché par les autorités, et quand il a été reconnu dans un cyber café ce mars par le propriétaire il s'est explosé.
Poursuivi par les autorités, le frère de M. Raydi et quatre autres hommes portant des gilets de suicide se sont explosés dans les semaines qui suivent et la chasse à l'homme a produit des douzaines de nouvelles arrestations.
Le 8 novembre, 51 suspects, incluant la femme et deux des frères de M. Raydi, ont fait leur première apparence dans la cour de justice. Parmi eux était le fils d'un homme arrêté dans les coups de balai de 2003. “Vous traitent-ils bien, Hamid ?” sa grand-mère a demandé des nouvelles à l'audition, en appuyant sur sa main à la partition de verre. “Comment est votre santé ?”
“Tout est bon grand-mère,” a-t-il répondu. “Viendrez-vous me visiter plus tard ?”
Margot Williams a contribué aux reportages de New York.
30 Jan 2008, 22:10
ASSOCIATION MEDICALE DE REHABILITATION
DES VICTIMES DE LA TORTURE
20 Rue d’Alger – Casablanca-Maroc
Tel /Fax : 212.22.22.61.27
Email : assomrvt2004@yahoo.fr
Casablanca 25 JANVIER 2008
COMMUNIQUE
Dans le cadre de ses actions d'assistance aux victimes de la détention politique, l'AMRVT a demandé une autorisation au Ministère de la Justice pour rendre visite à Monsieur Mohamed Bougrine, incarcéré à la prison civile de Benimellal depuis le 6 Juin 2007
Monsieur Mohamed Bougrine, agé de 73 ans , ancien résistant , responsable national du forum vérité et justice et membre de la direction nationale du parti de l'avant garde, a déjà fait l'objet à plusieurs reprises d'actes d'enlèvement et de disparition forcée.
Le Ministère de la Justice n'a pas donné une suite favorable à notre demande. Il vient de nous notifier une décision de refus de la visite de l’équipe médicale AMRVT à Monsieur Mohamed Bougrine, qui est gravement malade et dont l'état de santé, aggravé par les péripéties vécues dans les différents centres de détention, nécessiterait en urgence une prise en charge et un suivi médical.
L'AMRVT déplore cette décision et interpelle les responsables du ministère de la justice sur les conséquences de leur refus.
P/o l'AMRVT
Dr Abdelkrim EL MANOUZI
Président
30 Jan 2008, 16:21
Salam à tous,
COMMUNIQUÉ COMMUN
Association Marocaine des Droits de l’Homme, Association des Travailleurs Maghrébins de France, Attac France, Comité International pour la Libération des Détenus du 1er mai au Maroc et Ligue française des droits de l’Homme (LDH)
Paris, le 29 janvier 2008
Liberté pour les emprisonnés du 1er mai
Lors des traditionnels défilés du 1er mai 2007, ont eu lieu dans diverses villes marocaines des manifestations pacifiques. Sept manifestants ont été arrêtés à Agadir et Ksar El Kébir, membres de l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH), de l’Association Nationale des Diplômés Chômeurs au Maroc (ANDCM) et de l’Union Marocaine du Travail (UMT). Plusieurs sit-in de solidarité ont été organisés pour protester contre ces arrestations. Celui de Béni Mellal s’est terminé par dix arrestations dont des militants d’Attac Maroc, de l’AMDH, de l’ANDCM, de l’UMT et du Forum Marocain Vérité et Justice.
De lourdes peines ont été prononcées contre ces manifestants accusés d’avoir porté « atteinte aux valeurs sacrées » et d’organiser un « rassemblement non autorisé sur la voie publique » alors qu’ils n’ont fait que porter, pacifiquement, sur la place publique, leurs revendications sociales ou exprimer leur solidarité avec les manifestants arrêtés le 1er mai.
Les organisations de défense des droits de l’Homme ne s’y sont pas trompées : il s’agit bel et bien de prisonniers d’opinion, réprimés pour avoir pratiqué leur droit de manifester pacifiquement ou d’exprimer leur solidarité avec leurs camarades.
C'est pourquoi l’Association Marocaine des Droits de l’Homme, l'Association des Travailleurs Maghrébins de France, Attac France, le Comité International pour la Libération des Détenus du 1er mai au Maroc et la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) expriment leur vive préoccupation devant ces arrestations et condamnations, dénoncent l’emprisonnement des militants concernés.
Elles expriment leur solidarité avec les manifestants inculpés et demandent leur libération immédiate et inconditionnelle au nom du respect de la liberté d'expression et des conventions internationales signées par l’Etat marocain.