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Politique
Marocains à l'étranger : De Moukhtafoune à Fincome...
L’opération Fincome, dont l’objectif est de valoriser les compétences des Marocains du monde dans la perspective de les faire participer au développement du Maroc, s’est tenue ce week-end à Casablanca. Contrairement aux prévisions annoncées (1000 participants), environ 300 personnes ont répondu à l’appel des organisateurs. Si l’heure n’est pas au bilan, prenons par à la philosophie et au contenu de cette initiative publique.
Marocains à l'étranger : De Moukhtafoune à Fincome...
Comment lire, traduire, la mise en place de ce projet grandeur nature qui vise à impulser une nouvelle dynamique dans les relations Nord/Sud, où plus précisément entre le pouvoir d’ici et les Marocains d’ailleurs. Cet appel du pied, destiné à sensibiliser les compétences reconnues par qui de droit dans les pays d’accueil (ou plus significativement dans les territoires d’origine pour la 2ème, 3ème et 4ème génération) est-il sincère ? Repose-t-il sur un diagnostic précis et concret des besoins économiques en termes de compétences et d’expertise ? Et dans le même ordre d’idée, a-t-on intégré ces compétences nationales inutilisées (histoire de ne pas opposer les marocains d'ici et les marocains d'ailleurs). Elles sont «inadaptées au marché», selon les dires du patronat, mais non suivi d’une véritable révolution culturelle initiée par les acteurs politiques, pourtant profondément conscient que le système éducatif est l’unique responsable de cette situation désastreuse. Là aussi, on daigne remettre en question ces Hommes qui se sont succédé aux commandes du pouvoir, et qui le sont toujours du reste.

Revenons à Fincome, et à cette stratégie étatique qui ambitionne de séduire les talents marocains. Combien d’entre eux seraient prêts à franchir le pas ? L’épiphénomène du «retour au pays» (avec le soutien matériel des pays occidentaux hôtes qui souhaitent désengorger leurs espaces via des bourses de réinstallation ?!) servira-t-il de pied d’appui à la mise en place d’une campagne de com’ et de marketing ? Ne serait-il pas plus raisonnable de ne pas mettre la charrue avant les «bœufs» ? Annoncer en grande pompe la création d’une agence étatique qui sera chargée de recruter des Ambassadeurs (bénévoles) du Fincome à travers le monde parait prématurée, non ? Missionner des fonctionnaires semble d’ores et déjà condamner l’initiative !

L’histoire, les expériences passées, les relations hypocrites et le dialogue de sourd qui perdure entre les nationaux et les membres de la diaspora (essentiellement celles et ceux qui sont nés dans les pays de résidence) aurait dû conduire les artisans du Fincome à pousser la réflexion, à la partager, pour mieux la faire fructifier. Une démarche concertée, teintée de participation participative, empreint de convictions, aurait crédibilisé le mouvement impulsé depuis la Primature. Gare à ceux qui croient que l’on gouverne les Hommes d’ici comme ceux d’ailleurs. Gageons que ce n’est pas le cas ! Autrement….

Rachid Hallaouy
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