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Publié le 16.08.2007 | 18h45
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Au bord de la route, les enfants vous proposent les fruits de saison servis avec un large sourire, grand comme un jour de fête : régalez-vous !
Reportage : La route nationale N°7Sur la route nationale n° 7 reliant El Jadida et Marrakech roulent des milliers de voitures toutes catégories confondues, et le trafic devient si grand en été notamment. Sur le tronçon Sidi Ismaïl El Jadida, les destinations sont tellement nombreuses qu’on pourrait se diriger à la rose des vents : Safi, Essaouira, Agadir…bref le sud ; Casablanca, Rabat, Tanger,… tout le nord.

Ca roule, ça roule sans arrêt, de jour comme de nuit, sans, pour autant, que la circulation se perturbe, en dépit de l’état défectueux de la route sur certains tronçons, que se soit au niveau de la chaussée ou au niveau des bas côtés.

Il faut tout simplement rouler raisonnablement pour arriver sûrement. Car il y a de quoi s’imposer ce comportement : on est appelé à s’arrêter quelque part pour s’approvisionner de fruits de saisons, surtout des figues et des figues de barbarie.

Le témoignage faits par Mustapha, un petit bout, qui, depuis qu’il a quitté les bancs de l’école, expose avec ses petits copains des villages limitrophes de cette route paisible, pas loin de Sidi Ismaïl, leurs marchandises en fruits de saison : figues, figues de barbarie, pastèques ou melons, nous permettent de connaître un peu ces gamins qui tout au long de nos routes lèvent leur étendard, soit pour vous inviter à mettre pied à terre en vue de faire des emplettes, soit pour les salamalecs souriants.

« J’ai 13 ans. Je suis en sixième. L’année prochaine, j’irai au collège à Sidi Ismaïl en première année. Je dois m’acheter des vêtements, des livres. C’est pourquoi nous sommes ici, mes camarades et moi, » se présente Mustapha. L’école n’est pas loin de chez nous et les conditions d’apprentissage ne sont plus défavorables. On a remis de nouvelles fenêtres, on a blanchi les murs, murer la cour et installer un portail peint en bleu et en jaune. On y a planté des arbres et des fleurs.

Ce qu'ils font au bord de la route est un métier quoique saisonnier et rapporte quand même un peu « Allah yajâal baraka ! Nous devons nous lever très tôt, ma mère, ma sœur et moi pour cueillir ces figues car, le matin, on évite les épines et on a un fruit frais. Après avoir passé le balai, on dispose les figues dans les paniers. On les charge, soit sur les ânes, soit sur la charrette, et direction la route. »

Driss, un cousin germain, dans la même classe que Mustapha, ne tarde pas de déclarer que : « Moi aussi, je serai au collège cette année. » Il ajoute que la marchandise « est abondante cette année. On dit que les figues de barbarie foisonnent l’année de sécheresse. » Et à la place du blé, on récolte les figues. Faites gaffe ! A en manger modérément car « karmouss n’sara galou ghaddar », dit la chanson populaire.

« Effectivement, on en consomme beaucoup plus que les années clémentes en pluies, nous fait remarquer Bouchaïb, » cet homme de douar Rouahla dont la présence s’avère indispensable « car un enfant n’arrive pas à raisonner un enfant, en cas de pépin, explique-t-il. »

Durant ces deux mois, ces enfants vous font croire qu’ils sont en « tahrira » (en vacances), mais ils les passent au bord de la route à la rencontre de clients éventuels qui sont, contrairement aux saisons précédentes, plus nombreux. « Oui, parfois plus, affirme Abdellah qui semble par sa taille et sa voix grave le plus grand. Nous confectionnons une cabane ensemble. Chacun apporte le peu de chose qu’il peut. Elle nous permet de nous mettre à l’ombre quand le soleil devient insupportable ; parfois nous y passons la nuit. Mais nos parents qui n’acceptent pas de dormir en dehors de la maison, viennent parfois nous tenir compagnie, surtout quand il y a parmi nous un plus petit. »

Ce jeune homme qui, lui, vient d’Ouled Rahmoune, affirme : « Souvent on rentre remettre nos sous, soit aux parents, soit les mettre dans un endroit sûr et discret, au lieu de les trimbaler avec nous : on risque de les perdre. On gagne, Al Hamdou Lillah, mieux que l’année dernière, et ça donne un sens à nos vacances. » Les bonnes habitudes se prennent tôt.

Les rencontres sont enrichissantes, « car toutes les personnes avec qui on marchande, on discute de tout. On nous raconte une partie de leur voyage, de leurs vacances, des blagues. Certains parlent d’autres langues que nous ignorons. On rigole, on râle. Mais cela nous apprend à « vendre et acheter » (négocier), nous fait savoir Driss qui nous rejoint après avoir disposer ces paniers de figues et de figues de barbarie.

Driss connaît ce groupe qui évolue sous le regard protecteur de Bouchaïb, depuis longtemps, et en a une relation de parenté avec l’un d’eux. Il était parti s’approvisionner en marchandise à Ouled H’Sine, à trois kilomètres de ce point de vente bien aménagé par les enfants.

« La marchandise doit être fraîche. L’oualida (la mère) cueille l’karmouss tôt le matin et le met à l’ombre en attendant que j’aille en chercher. Parfois je m’en approvisionne plus d’une fois quand ça tourne bien. Là, près de l’école, il y a mon frère qui veille lui aussi sur sa marchandise avec mon cousin, orphelin déjà à l’âge de trois ans, raconte le jeune garçon, la tête enfoncée dans un grand chapeau de palmier, sans que les autres bronchent. »

La liquidation de ce fruit de saison par excellence dépend des clients et des jours : « On vend jusqu’à huit paniers par jour, parfois dix. Le client accepte le prix qu’on lui propose ou le rabaisse ; mais c’est la qualité qui impose la valeur raisonnable. Parfois nous cédons, mais jamais tout de suite. Il ne faut pas lâcher le client : on gagne en tous cas, affirme Mustapha » ajoutant que : « Les prix varient de cinq à trente dirhams. Le client, après le salamalec, nous demande si nous allions à l’école et s’il apprend que oui, il sympathise avec nous et accepte le prix proposé. Parfois, on nous en donne davantage. »

Les yeux tout rouges à cause de la poussière et de la chaleur, souvent en deux fentes dont on ne distingue que le reflet des la lumière, ces enfants regrettent que le long de la route, il n’y a pas d’arbre. Dans certains endroits, la route est dangereuse, et les enfants ne cachent pas qu’ils ont assisté à des courses frénétiques de certains automobilistes. Ca les amuse en quelque sorte, mais c’est un jeu risqué.

La nationale n° 7 aime qu’on la qualifie de route de sécurité. C’est pourquoi elle refuse de la culpabiliser. Les conducteurs sont appelés à conduire raisonnablement et à s’arrêter pour profiter d’un moment de détente avec des enfants qui sont là pour leur servir, en plus d’un sourire généreux, des fruits qu’ils doivent consommer, mais modérément, monsieur !

Abdelkrim Mouhoub
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SAID
19 Août 2007, 14:39
oui comme a dit Al boukhari: " il faur vivre ces moments pour les apprecier " , il ne faut surtout pas prendre ces moments come des moments negatifs , au contraire moi j ai pratiqué pendant plusieurs années le meme etineraire sinon plus difficile sur une autre route moins frequentée surtout durant les années 70 , où on exposait les figues , les raisins et quelques fruits qu on devrait vendre pour avoir un peu d argent plutot que les consommer ,alors qu'une grande appetit nous affolée pour en gouter et on ne pouvait hélas pas . c'était pour acheter vivre ,habits et fournitures scolaires...
bon je vais vous dire qu'est ce que j ai appris alors que actuellment je suis Ingénieur diplomé des grandes écoles internationales " et je ne suis pas un génie ni un cas isolé":
déja je me suis familiarisé avec la communication à un age tres precoce où je pouvais affronter n importe qui sans avoir ni le trac ni la timidité car ceux qui s arretaient pour acheter ou meme pour voir étaient des gens tres heterognes : age , race , pauvres , riches , maroacains , europeens... et ils nous parlaient et on devait donner des réponses. cette posture nous forçait à comprendre le accents du Maroc et meme plusieurs mots des diffrentes langues : surtout que lorsqu il y avait un étranger qui s arretait chacun de nous utilisait les mots qu il connaisait pour se faire comprendre , l apprentissage de pluisiers langues se faisant en plabre... car une fois parti l 'étranger on se faisait des remarques de prononciation ou d'autres...et jen passe
la deuxiéme chose c était le marketing : comment seduire un passager qui n a que quelques minutes pour lui vendre à un certain prix : do,c il a fallu bien se presenter , bien presente la marchandise et meme le sit était bien étudié par le groupe..
j ai appris é travailler en groupe solidaire , car on s entraidait entre nous et si par hasard quelqu'un n arrivait pas à écouler sa marchandise souvant on lui cotisait pour qu il ne revient pas les mains vides chez ses parents par crainte qu il ne revient pas le lendemain...
coté comptabilté , je vous avoue que j ai appris à compter l'argent sur la route car mes parents n'en disposait pas , donc à faire la somme à enprunter pour un ami à acheter et à épargner...

il y a beacoup de belles choses que j'ai appris au bord de la route en vendant les figues et les raisins ne vous en faites pas un drame SVP
fifi
18 Août 2007, 21:26
Oui ben moi je suis d'accord avec amadéus. "qué qui dit" toto ? Vous n'avez pas compris monsieur toto que ces gosses aident leur parents en gagnant dignement de quoi s'acheter des fournitures scolaires ? ah toto c'est pas "possib'" vous le faites exprès ou quoi? Cela dit je ne parlerai pas comme cela si ces enfants n'étaient pas scolarisés. Leurs parents et eux se débrouillent comme ils peuvent, comme l'a dit amadéus. Ils ont des parents toto et ne sont pas livrés à eux-mêmes. Ne sois donc pas triste pour eux toto... Pas pour eux .
al boukhari
18 Août 2007, 14:01
sujet très agréable à lire. il faut avoir vécu ces moments pour savoir à quel point on s'attache beaucoup plus à ces souvenirs. cela forge une personnalité et c'est un des meilleures remèdes contre le mal être de cette société matérialiste. quand tu sais d'où tu viens tu apprécies le peu de moyen que tu possèdes pour vivre pleinement et paisiblement chaque instant.
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