|
|
Imprimer l'article Des chiffres et des êtres... La pauvreté a été comptabilisée et la misère mise sur papier. Ce qu'on voyait tous les jours, presque partout, un rapport nous l'a rappelé...merci...ça a pris 50 ans...faut croire qu'ils ont pris leur temps. C'était donc si difficile que ça? D'écrire les petits vieux vendant trois pommes de terre par terre dans des médinas aux murs en ruine, les femmes gardiennes de voitures et vendeuses de cigarettes au détail, les enfants rejetés, adoptés par la rue, les fellahs en sandales été comme hiver, les dents pourries signant leurs carences alimentaires, les gaillards illetrés qui votent "à la couleur" manipulés par des desseins noirs, les villages sans eau ni électricité parfois tous près d'hôtels aux boutiques signées... des chiffres, le mal d'être... 50 ans de papier... oui ... peut-être une lueur ... en attendant vive le pain et le thé... et, à quand des chiffres détaillés sur ceux qui sont fortunés? Zorro et... ZohraZorro, parce qu'il est seul contre tous et contre tout Lui qui a poussé par miracle dans une famille sans le sou Plongée dans les ennuis jusque dans le cou... Avec son enfance gommée et sa jeunesse ridée L'épée, il l'a en permanence sur la tête... Sur son cheval de bataille, le pain, Zorro regarde les autres faire la fête... Zorro porte le masque de la douleur, de la faim Sous sa cape, il fume du kif arrosé de mauvais vin... Parfois, il rêve aux beaux bateaux blancs du port Ou a la barque noire qui rejettera aussi son corps... Il ne sait plus qui a raison et qui a tort Recroquevillé dans sa djellaba, il dort, comme un mort... Zohra, elle, ne sait ni lire ni écrire Pourtant ce n'est pas ça pour elle le pire Son drame, c'est qu'elle n'a pas grand chose à faire cuire, Avec autour d'elle, tout ce monde à nourrir... Zohra, docile, s'est habituée à souffrir Elle en oublie de sourire et de vivre... Le regard éteint, elle pense parfois à fuir Mais comment faire ? Résignée, elle soupire... Le châle sur la tete, le foulard autour de la taille Elle baisse ses yeux malheureux et caresse la paille Zohra a compris qu'elle a été sacrifiée A quoi, à qui, elle ne sait pas, personne ne lui a expliqué Mais tout le monde lui dit de patienter, et surtout de prier Passé cassé, présent déchiré, sans lendemain, Oubliés de tous, on les aperçoit parfois sur le chemin Les pieds dans la boue, silencieux, immobiles Ces Zorros et ces Zohras qui regardent les enfants de la ville Ces cousins, ces voisins, défiler dans leur belles automobiles Dans leurs pantalons, les garçons comme les filles Ils regardent, puis comme poussés par un fol espoir Ils agitent les mains pour saluer, appeler Ou serait-ce pour rêver, pour se rappeler Qu'ils sont vivants et que quelqu'un, un jour ou un soir, Viendra leur parler, les écouter, les aider, les entrainer, les soulager Quelqu'un qui se rapellera que Zorro et Zohra Font partie de nous, de toi et de moi, qui que tu sois, Et que, sans eux, nos pas sont vains et fausse est notre joie... Nour - USA Copyright Yabiladi.com |
|
26 Nov 2007, 15:33
23 Août 2007, 17:30
bon continuation nour vous avez un très beau style
23 Juin 2007, 16:02