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Publié le 14.02.2006 | 13h11
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Moi, première femme chef dOh la la les amis, qu'est ce que j'en ai bavé pour y arriver
Là, je peux vous rassurer, ce n'est pas du tout un cas d'hérédité
En fait, tout ce dont j'ai hérité, c'est d'être née du mauvais coté
Ce n'était pas coton, petite fille à la campagne de mon temps
Les frérots a l'école et moi au douar pour la lessive sans détergent
Si ça n'avait pas été pour une généreuse tante de la ville
Qui, sans enfant, m'a élevée comme sa fille
J'y serais encore en train de perpétuer la tradition
Des garçons à l école et des filles à la maison
Ca aurait été vite fait, une vie gâchée avec les dindons
J'aurais poussé, 100% bio, entre les champs et la maison,
Comme toutes mes soeurs qui n'ont en jamais compris la raison

Une fois a l'école, publique, j'ai enfin été l'égale de mes frères :
J'ai pu me battre pour apprendre dans des classes surchargées
Des programmes, en français, en arabe puis en français
Au gré des ministères passés et des partis imparfaits
Arrivée a l'université, malgré des moyens limites
Entre le resto U et la chambre de la cité
Les cents et les milles des amphis bourrés
J'ai foncé, veillé et finalement cartonné
Je l'ai décroché ce diplôme qui m'a permis de démarrer
J'ai payé ma dette à l'Etat pendant deux ans, j'ai fait mon service
J'ai appris comment esquiver, les faveurs et les sévices
Les faux gestes, les vrais pièges et les sourires factices

J'ai travaillé, dans le privé et le public pour gagner ma vie,
J'ai même fui quelques années, déraillant pour mieux, cherchant ma voie
Puis je suis rentrée, assoiffée de servir les gens, les femmes, mon pays
J'ai étudié encore et encore, j'ai lâché puis lutté plus de mille fois
J'ai du militer avec une carte pour gagner la protection des plus forts
Et grâce à la politique des pourcentages et à la pression d'autres bords
J'ai pu enfin accéder à des fonctions d'abord complètement bidons
Enrubannées de frais de missions, de titres et d'inaugurations
Puis aidée par les circonstances et un ras le bol général
Des promesses non tenues et des échecs de mes confrères mâles
J'ai pu enfin représenter d'abord mes soeurs, puis mes frères
Et tous les autres, ceux qui n'en pouvaient plus de se taire

Me voilà donc chef d'Etat, en foulard et djellaba pour les récalcitrants
Mais en tailleur Chanel et coupe carrée pour les medias petits et grands
Je mène de main de fer mon gouvernement qui jamais ne ment
Je materne mon opposition qui a pour moi des faux sentiments
Je collectionne les sourires et les poignées de mains
Je remercie pour les coups durs que j'appelle leçons du lendemain
Je mène une vie de nonne pour calmer les petits malins
Pas de soirées folles, jamais d'alcool et surtout pas de maillot de bain
Pour décompresser, je vais me ressourcer là ou tout a commencé
Dans mon bled, parmi les miens, à coup de miel et de petit lait
Je ne sais pas comment finira cette histoire de chef d'Etat
L'ambition d'autres candidates, la retraite ou un coup d'Etat ?

Nour - USA
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epizod
29 Août 2007, 19:53
toi le gebtil rossignol qui dans les aires tant vol,si tu appercois ma belle negresse parle lui un peu de ma detresse.
zor
28 Août 2007, 09:37
vraiment bravo!et je me reconnais un peu ds ton profil sauf que moi j ai fui, ne suis jamais devenue chef d etat mais chef de ma destinee,libre enfin de vivre en maillot si cela me chante...
je ne peuple pas les boites de nuit ,loin de ca...et ,ironie du destin,je suis presque toujous a la maison apres mon boulot,mais je sais que si je veux exprimer ma liberte de femme ,je le peux car je ne suis plus a cote des miens..belle situation mais qui donne envie de pleurer...bravo dihya!d ou que tu sois ,et quelle que soit ton apparence actuelle "forcee",tu forces l admiration et je te felicite pour cette grande intelligence,...aie!!! si toutes nos compatriotes etaient de la sorte et se donnaient la main!!!!
Ymer
15 Août 2007, 14:05
Bravo pour ce poême exceptionnel qui incite au travail et à la persévérence pour aller chercher la récompense de ses efforts. Par ailleurs je tiens à préciser à Karima qu'effectivement Dyhia était une berbère des Aurès nommée "chef de la tribu" par le Conseil des Anciens, donc en Algérie, mais son pouvoir s'étendait jusqu'à sur l'Atlas. Un de ses fils, avec l'accord caché de sa mère, fit semblant de se rallier à l'envahisseur arabe et participa à l'édification du Maroc.
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