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Economie
Comment réduire la facture d'eau et d’électricité au Maroc
La gestion de la distribution d’électricité et d’eau et de l’assainissement est en phase de connaître une profonde mutation. Le ministère de l’Intérieur a décidé de «restructurer ces services dans le souci de leur exploitation rationnelle et aussi pour éviter la déperdition des ressources et des efforts», indique une source de la Direction des collectivités locales.
Une réunion a regroupé dernièrement les chefs de division des collectivités locales au niveau des préfectures et provinces pour leur présenter un projet d’études pour le regroupement des activités de distribution d’eau et d’électricité et d’assainissement. Le ministère de l’Intérieur, indique la même source, prévoit de mettre en place une structure commune qui aura en charge la gestion de la distribution et aussi de l’assainissement. Cette structure sera constituée de plusieurs opérateurs multiservice qui desserviront au total de 7 à 10 zones dans le cadre d’une gestion déléguée de ces trois services, ajoute la même source.

La nouveauté réside dans le fait que cette délégation sera attribuée à des sociétés régionales multiservice qui, elles-mêmes, seront issues du rapprochement des opérateurs actuels (ONE, Onep, collectivités locales, régies...).

Une étude sera lancée prochainement par le département de l’Intérieur (www.leconomiste.com) pour déterminer dans quelles limites l’activité des services pourrait être regroupée entre deux régions limitrophes.

D’autres études avaient déjà diagnostiqué une grande fragmentation du marché et l’absence d’une taille critique de la plupart des opérateurs. Cela se traduit par des coûts d’exploitation élevés qui se répercutent finalement sur le consommateur. Les mêmes études ont aussi mis à découvert l’existence d’un potentiel significatif pour améliorer les prestations notant au passage que le niveau de qualité de service est encore loin des standards requis. Il a été également relevé un déséquilibre financier de l’ensemble de ces services pour les cinq prochaines années. Un déséquilibre estimé à 22 milliards de DH dont 5 pour l’électricité, 5 pour l’eau et 12 pour l’assainissement.

Dans un souci d’efficacité, quatre régions territoriales ont été retenues en premier et regroupées en deux zones-pilotes. La première est constituée des régions de l’Oriental et de Taza-Al Hoceïma-Taounate alors que la seconde se compose des régions de Chaouia-Ouardigha et des Doukkala-Abda.

La finalité du schéma de restructuration, qui sera proposé consiste à déléguer la gestion des services eau, électricité et assainissement à un seul opérateur multiservice pour chaque zone. Il est attendu de cet opérateur, qui sera issu du rapprochement des intervenants actuels, de couvrir toutes ces activités.

L’étude en question s’effectuera en cinq étapes-clés pour chaque zone. D’abord, établir un diagnostic détaillé de la situation actuelle des services à concéder. Ensuite, identifier les options de restructuration. Vient après l’articulation du projet de restructuration retenu par la détermination du genre de contrat de délégation de gestion. Un plan d’action à court terme sera proposé après. Il doit comporter pour chaque étape un échéancier, des responsabilités et des conditions de mise en œuvre de la restructuration. Enfin, et au vu des conclusions de l’étude dans les deux zones-pilotes, les grandes lignes d’un plan de généralisation à l’échelle nationale devront être proposées pour sa mise en œuvre dans les autres régions du Royaume.

Les services concernés étant de la responsabilité des communes, les options de restructuration devront donc respecter les prérogatives de ces entités territoriales et leur mode de gouvernance, est-il stipulé. Les communes se regrouperont dans le cadre d’un groupement de communes, tel que prévu par la Charte communale, pour gérer ces services de manière plus efficace, ajoute le haut responsable de l’une des régions concernées. Le groupement, ainsi constitué, délègue la gestion de ces services à des entités professionnelles publiques ou privées. La région, entité territoriale et géographique, constitue une échelle de regroupement adéquate pour les communes (le Maroc est constitué de 16 régions). Les communes de deux régions devront se regrouper pour atteindre la taille critique optimale pour la gestion de la distribution et aussi de l’assainissement. Les deux zones-pilotes qui font l’objet de cette étude répondent parfaitement à ce critère.

A noter que l’expérience a déjà été tentée sous d’autres cieux notamment en France où elle a été un succès.

Financement
Le financement de l’étude en question sera assuré dans ses deux premières phases par la Banque mondiale. Le montant alloué se monte à 4 millions de DH. Il sera cependant nécessaire de mobiliser 28 millions de DH supplémentaires pour mener à terme l’étude en question de ces deux phases. Les prestataires de service seront le groupement SGI (Suisse), ICEA (France) et CID (Maroc).

Les communes se regrouperont dans le cadre d’un groupement de communes, tel que prévu par la Charte communale, pour gérer les services de manière plus efficace"

Jihad Rizk
Source: L'Economiste