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Economie
Marrakech : Les nouvelles niches de croissance
«IL existe une place de choix pour toute économie émergente dans la région de Marrakech». C’est presque en chœur que les participants confirmaient ce constat à la rencontre initiée par la CGEM et la région. «Emergence régionale pour Marrakech» fut le thème d’une table ronde dont L’Economiste était partenaire et à laquelle étaient conviés chefs d’entreprise et autorités locales.
A elle seule, la ville de Marrakech est une locomotive du Maroc auprès des investisseurs. Les flux d’investissements que la ville a attirés en 2005 (44 milliards de DH) dépassent de loin ceux réalisés sur l’axe traditionnel Casablanca-Kénitra. Et à Marrakech, ce n’est pas que du tourisme. Il y a l’immobilier, de l’artisanat et, aujourd’hui, des industriels dans les nouvelles technologies.

Marrakech s’est développée plus rapidement que d’autres et donne aujourd’hui l’exemple. «Ce succès cache pourtant quelques faiblesses, liées à l’activité monosectorielle de la région avec tout ce que cela peut porter comme danger», concède Mounir Chraïbi, wali de la ville de Marrakech-Tensift-Al Haouz. «Il ne s’agit pas de banaliser ou de sous-estimer le potentiel du tourisme qui reste le vecteur de l’activité économique à Marrakech, mais d’identifier d’autres niches», modère Mustapha Belkahia, président de la section Marrakech de la CGEM.

Aujourd’hui que l’assiette foncière le permet ainsi que la qualité de vie et surtout l’image à l’international dont jouit Marrakech, d’autres filières d’excellence sont parfaitement envisageables, et pourquoi pas une ville technologique et industrielle dans le périmètre de Marrakech. C’est un des moteurs de croissance identifiés par la feuille de route qu’est le plan «Emergence». Dans cette vision, Marrakech se distinguerait par les produits haut de gamme que ce sont l’agroalimentaire, la mode ou les services. «Il est inutile d’aller vers des secteurs à petite valeur ajoutée», recommande Salaheddine Mezouar, ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Mise à niveau.

«2006 est l’année de récolte des dividendes des réformes entreprises au Maroc. A Marrakech, tous les clignotants sont au vert, des investissements à la consommation de ciment ou d’énergie. Les conditions sont désormais largement réunies. Et c’est dans cette logique que doit être mise en perspective l’émergence de la région en tant que levier d’accélération de la croissance nationale», souligne pour sa part André Azoulay, conseiller de Sa Majesté.

La région a d’ailleurs identifié un potentiel de développement pour 5 axes (Marrakech, Essaouira, Al Haouz, Kelaat et Chichaoua) avec 3 filières d’excellence: la santé haut de gamme (soins, bien-être, tourisme de 3e âge), la biotechnologie et les nouvelles technologies auxquelles il faut ajouter les activités qui gravitent autour du tourisme.

Sur le plan national, l’offshoring fait partie de toute une vision et qui consiste en la mise en place de structures d’accueil pour attirer les marchés de la sous-traitance dans le domaine des services, des mouvements d’externalisation dans les banques, les assurances et les sociétés spécialisées opérant dans l’informatique.

Le plan Emergence promet, grâce à cette filière, d’augmenter le PIB de 15,2 milliards de dirhams à l’horizon 2013 et de créer 91.000 nouveaux emplois directs.

Deux ans après l’annonce de cette stratégie, c’est Casablanca qui ouvre le bal. Elle a lancé les travaux de construction de Casashore, la première zone offshoring du pays, avec un investissement de 1,7 milliard de dirhams. La Caisse de dépôt et de gestion (CDG) se charge de son aménagement à travers sa filiale MHV. Mounir Chraïbi a saisi la balle au bond pour appeler à l’accélération et l’aménagement de Marrakechshore qui accueillera toutes ces industries dites intelligentes dans la nouvelle ville de Tamansourt.

Mezouar le confirmera: «Marrakech figure parmi les priorités de mon département». Avec la mise en service de l’autoroute reliant Casablanca à Marrakech et celle toute prochaine entre Marrakech et Agadir, la région va accroître son potentiel d’attractivité et sera désormais liée à au moins deux ports.


Déclinaisons sous-régionales

L’étude de développement de potentiel menée par le CRI a mis en exergue les potentialités de développement des 5 pôles. Marrakech reste bien entendu au cœur de la cible notamment dans le tourisme, le commerce et le service.

Essaouira est tournée vers le développement balnéaire de qualité (golfs, port de plaisance et animation culturelle). Il est aussi question d’y développer le tourisme vert. Au Haouz, l’activité devrait évoluer en harmonie du moins dans le tourisme avec la ville de Marrakech. Une partie devrait être cependant dédiée au secteur de l’artisanat. Kelâat des Sraghna et Chichaoua seraient dédiés aux secteurs agricoles, notamment celles qui ont besoin de grands fonciers à faible coût. Par ailleurs, les mines pourraient y développer un pôle d’excellence.

Badra BERRISSOULE
Source : L'Economiste