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Economie
Tanger en marche vers une refondation
La région du Nord se décline en deux zones: un axe fort, côté Atlantique, de Casablanca à Tanger, qui se traduit par un espace de croissance, et un autre, faible, qui concerne l’intérieur du territoire: Ouazzane, Chefchaouen et Tétouan» précise Driss Benhima, directeur général de l’Agence pour la promotion et le développement économique et social des préfectures et provinces du Nord (APDN). Depuis hier, Driss Benhima a été nommé président-directeur général de Royal Air Maroc en remplacement de Mohamed Berrada.
L’ex-patron de l’Agence du Nord se réjouit du développement socioéconomique que connaît la région. «Je pense que le prochain chantier devrait être celui du savoir et de la formation professionnelle», analyse Driss Benhima. Il est vrai qu’avec les 140.000 emplois (directs et indirects) qui découleront de Tanger Med et des activités périphériques à ce port, la question de l’offre des compétences se pose avec acuité. La demande va concerner tous les niveaux, de l’encadrement à la main-d’œuvre qualifiée. Les organismes de formation publics ou privés sont clairement interpellés. L’OFPPT a déjà anticipé par le redimensionnement de sa capacité d’accueil, en la portant à 5.000 stagiaires par an dans la région. Est-ce suffisant pour répondre aux besoins des (futurs) opérateurs économiques des zones franches?

Mais pour accompagner son développement, Tanger aura besoin d’expertises venant de partout. Et pour les attirer, la revitalisation urbaine engagée sous l’impulsion de Sa Majesté n’est pas de trop. Il faudra également des logements décents et à des prix accessibles, des services publics (écoles, centres de santé) et une offre de loisirs qui répondent aux attentes de ces nouveaux habitants.


· Plaisance et croisière, de nouvelles niches?

La mise en conformité urbaine de Tanger n’est qu’un des aspects visibles de l’entrée de cette future métropole dans l’économie moderne. Tanger Med, opérationnel dans un an, est l’ancrage de cette marche en avant de la région. L’économie de Tanger-Tétouan a longtemps été assimilée aux réseaux informels, pour ne pas dire plus. Dans ce long processus de transformation de l’économie régionale, Tanger Free Zone a joué le rôle de lièvre avant que ne suivent d’autres opérateurs: Marjane et Acima malgré l’invasion des produits de la contrebande, et de grandes enseignes de la sous-traitance aéronautique et automobile.

Peu à peu, la région a retrouvé de l’ambition, notamment dans le tourisme dont elle était jadis le leader au niveau national. Les investissements dans le secteur tournent à plein régime (voir détails dans article sur le tourisme). Tanger a eu l’inspiration de voir ce que font les concurrents et donc, se positionner sur les niches à forte valeur ajoutée.

A ce jour, les activités de plaisance et de croisière ne tirent nullement profit de la situation de la ville. Malgré sa situation à l’entrée d’un des bassins les plus utilisés par la croisière, le trafic du port de Tanger reste très réduit. Pour preuve, en 2004, les arrivées des croisiéristes ont atteint environ 22.000 touristes alors que les ports proches comme Gibraltar et Malaga ont reçu respectivement 220.000 et 210.000 visiteurs. Quant à celui de Tunis, il totalise pour la même année 415.000 alors que Barcelone dépasse le million (1.024.800). Dans ce registre, la croisière et la plaisance peuvent être porteurs de nouveaux développements touristiques.

Dans tous les cas, elles doivent impulser une restructuration de l’espace portuaire qui doit désormais faire partie intégrante de la ville et participer à l’animation urbaine. Il ne faut donc pas la prendre à la légère. Le développement d’activités récréatives et de loisirs est intimement lié à une ville qui se veut à vocation touristique.

Une partie du port actuel est appelée à rejoindre le nouveau port. Cette délocalisation dépasse largement l’impact sur le port en lui-même pour affecter également l’activité économique mais devra être mis à profit pour une restructuration profonde du tissu urbain.
Elle accompagne la montée en puissance des services tertiaires supérieurs telles qu’elles semblent se dessiner à Tanger: enseignement, recherche, places financières offshore, zones résidentielles pour une grande partie des cadres attirés par le port Tanger Med et ses zones d’activités.

A l’approche des échéances de délocalisation des activités portuaires actuelles, il est donc urgent de repenser les fonctions et la place du port dans l’organisation urbaine. Il est indéniable que toute démarche de dévitalisation d’un espace d’activité a des retombées sur le corps social impliqué dans les différentes activités.

Rachid HALLAOUY
Source : L'Economiste