Publié le 26.06.2009 | 19h24
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Les résultats du sondage initié par le Centre d’études sociales, économiques et managériales (CESEM) sur l’évolution de la communauté marocaine à l’étranger en partenariat avec le site Yabiladi.com, sont publiés dans la Revue Economia N°6 de juin à septembre 2009 éditée par le CESEM. On y retient surtout que les attentes des MRE sont loin d’être satisfaites par les autorités marocaines. Détails!
Première étude de cette envergure, le sondage a eu lieu en ligne (www.yabiladi.com ou www.cesem.ma) entre le 10 mars et 30 avril 2009. Durant cette période il y eut 754 réponses valides. De la perception globale du Maroc, il ressort que 78% des répondants ont un attachement affectif et culturel contre seulement 15% qui se disent liés au Maroc par une obligation familiale. 5% sont indifférents, pour eux le Royaume est « un pays comme un autre », alors qu'une frange (6,7%) y voient un potentiel d'investissement. Ceci prouve en outre que les MRE investissent peu, même au sein de la classe moyenne.

En faisant une corrélation entre le degré d'attachement au Maroc et une propriété (Maroc ou pays d'accueil), on apprend que 65% se disent fortement attachés à leur pays d'origine alors qu'ils ne disposent pas de propriété nulle part dans le Royaume. Ceux qui sont par contre propriétaires dans le pays d'accueil déclarent être plus fortement attachés au Maroc. À ce niveau, on remarque aussi que contrairement à certaines pensées, les migrants qui ont un bien immobilier dans le pays d'accueil envoient plus d'argent que ceux qui ne sont pas propriétaires. 75% des migrants de ce profil envoient de l'argent régulièrement. Alors que 56% de ceux qui possèdent des résidences à la fois au Maroc et dans le pays d'accueil ne font jamais ou rarement de transferts.

L'indice d'attachement économique calculé par le CESEM prend en compte plusieurs paramètres allant de l'attachement aux fréquences de visites, aux transferts, au développement de projets... Ainsi en accordant à chaque choix des migrants, par exemple les usages et les types de transferts, une note favorisant la prise de risque, les chercheurs du CESEM arrivent à calculer l'indice d'attachement économique. Il en ressort que l'engagement vis-à-vis du Maroc est prudent. En d'autres termes, être très attaché à son pays d'origine n'est pas synonyme d'engagement dans les affaires et/ou activités économiques du pays.

L'étude montre que les déçus du système sont nombreux (75,5%) de même que ceux (85,7%) qui sont marqués de façon négative par l'administration marocaine. Pire encore! Les chantiers qui piétinent sont la lutte contre la corruption (75,3% des sondés), la transparence de l'administration 54,9%) et enfin l'indépendance de justice (32,8%).

Les transferts des MRE ont atteint en 2007, 57 milliards de dirhams soit 9% du PIB. Mais comme l'étude l'a conclut, les transferts d’argent ont une faible incidence sur le développement économique du Maroc. Les pouvoirs publics sont désormais prévenus. À eux de trouver d'autres créneaux pour faire participer pleinement la diaspora marocaine à l'essor du pays.

Qui sont les répondants?

Un grand merci aux 754 migrants Marocains qui ont répondu au questionnaire à 34 réponses fermées ou au choix élaboré par le CESEM. Ils sont majoritairement (83,6%) francophones résidant en France, en Belgique et en Suisse. La moyenne d'âge est de 34,3 ans avec une forte prévalence de la frange allant de 29 à 40 ans. Neuf répondants sur 10 (95%) sont de parents nés au Maroc alors que 33,7% sont de la deuxième génération (nés sur place). Enfin un peu plus de la moitié, 51% sont mariés et 88,6% sont des salariés.

Les résultats complets de l'étude sont téléchargeables au format pdf sur :
:: http://www.yabiladi.com/docs/etudes_economia_yabiladi.pdf

Ibrahima Koné
Copyright Yabiladi.com
fabidacam
30 Juin 2009, 18:23
Bonjour toute étude est louable pour cerner les problèmes sans prendre partie.
Il faut dire aussi que nous avons l'administration la plus répressive, tout marche avec le piston et le droit de cuissage et la corruption émotionnelle. Si vous études n'apportent pas d'éclairage et voir faciliter la décision à quoi bon...il faut dire que l'éspace n'est démocratique et ne juit d'aucune liberté...voilà mon point de vue..
webmaster
30 Juin 2009, 14:34
Bonjour Kamarmar,

Regardez le nom de la revue : Economia.
On ne va pas faire une étude sur les émissions de télé regardés par les MRE ?
Un magazine sur les religions aura tendance à faire des études sur la pratique religieuse des MRE, un magazine d'histoire parlera de l'histoire de l'émigration marocaine, un journal politique traitera des tendances politique au sein de la communauté marocaine à l'étranger etc...

Et il faut lire tout avant de critiquer. L'étude n'est pas là pour encourager à envoyer plus d'argent. Mais pour mesurer, évaluer l'attachement économique de cette diaspora. Et des éléments de réponses sont là justement pour dire au gouvernement que de nombreuses réformes doivent avoir lieu afin de maintenir l'attachement avec le pays. (Cf la question sur les freins à l'investissement ou la corruption, la transparence administrative et la justice sont parmi les facteurs les plus cités par les MRE)

A vous écouter on ne devrait faire aucune étude, ne pas demander l'avis des MRE...
Pour une fois qu'on donne la parole à 754 personnes qui ont répondu librement à une quarantaine de questions !

PS : Nous avons déjà fait d'autres enquêtes qui concernaient les consulats, le ministère des MRE. On ne se limite pas qu'aux transferts d'argent!
webmaster
30 Juin 2009, 14:26
Bonjour rachida52,

Veuillez lire l'étude au format pdf où tout les biais sont bien explicités.

Le biais principal n'est pas au niveau de l'intérêt qu'ils portent pour le Maroc. La preuve nous avons eu des répondants qui affirmaient ne pas être attachés au Maroc.
Cette étude n'aurait pas pu se faire sur un site sans relation avec le Maroc et surtout les MRE car il est difficile, voire interdit de demander l'origine ethnique des répondants.

Par contre le biais principal et nous nous en cachons pas, c'est la concentration de catégorie socio-professionnelle supérieures (cadres, professions libérales...). C'est ce qu'on appelle dans l'étude les "creative class" et c'est justement ce qui nous intéresse au niveau de l'attachement économique. Car c'est cette catégorie de population qui peut insuffler une dynamique de croissance économique rapide dans un pays.
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