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Imprimer l'article Le constructeur européen cherche des modes de financement alternatifs. La participation des banques marocaines n'est pas exclue.
L'Alliance automobile Renault-Nissan trouve de plus en plus de difficultés à financer son mégaprojet de construction automobile dans la zone franche du port de Tanger Med. Pour preuve, le plan de financement prévu lors de la signature de la convention d'investissement, en 2007, avec l'Etat marocain n'est plus à l'ordre du jour. Cela est principalement lié aux nouvelles conditions des banques européennes, frappées de plein fouet par la crise internationale. Le constructeur français cherche désormais à lever des fonds auprès des sources alternatives. Il a en effet soumis un dossier de financement à la Banque européenne d'investissement (BEI). Une information que confirment, depuis Luxembourg, les chargés d'investissement qui traitent cette demande. «Le groupe a effectivement approché la BEI pour participer au financement de l'usine de Tanger», affirme Marianne Roda, responsable de communication pour l'Afrique à la BEI. Et d'ajouter : «Le dossier est encore au stade préliminaire de l'étude. Les chargés d'investissement attendent de rassembler assez d'éléments par rapport à la profitabilité du projet pour décider de l'intérêt du financement et du montant à allouer. Une fois la décision prise à ce niveau, l'éventuel prêt ne peut être débloqué que si le conseil d'administration de la BEI le valide».En tous cas les responsables de la BEI auront largement le temps d'examiner l'intérêt du projet sur place. Ils seront au Maroc vendredi 6 mars, pour participer à une conférence du Femip (filiale de la BEI pour la Méditerranée). Ils profiteront certainement de l'occasion pour s'enquérir du site du projet. Dans tous les cas, la BEI ne compte pas financer une part majoritaire du projet. «Même si le dossier est validé, notre plafond de financement se limitera à 50% de l'enveloppe d'investissement», indique Marianne Roda. Pour rappel, le projet dans sa globalité mobilisera la coquette somme de 11 milliards de DH, ou un milliard d'euros. Difficile de mobiliser un tel montant auprès des institutions financières internationales en temps de crise. C'est pour cela que Renault ne s'est pas limité à la BEI. Les dirigeants du constructeur international ont également approché les responsables de la Société financière internationale (SFI) pour participer au financement de leur usine tangéroise. Une information confirmée par les responsables de la BEI mais pas par la représentation de la SFI au Maroc qui affirme ne pas être au courant d'un tel projet. En tous cas, les responsables de la SFI ne peuvent vraisemblablement pas être plus avancés que ceux de la BEI sur ce dossier, puisque Renault a contacté les deux institutions presque en même temps. Dans le cas extrême où les deux institutions ne valideraient pas le projet ou n'accepteraient pas d'en financer une part significative, qu'adviendra-t-il de ce dernier ? Renault reverrait-il ses engagements dans le projet ? Le ministre du Commerce et de l'industrie ne veut pas envisager cette possibilité. Il demeure confiant par rapport aux engagements du constructeur français à Tanger. Banques Marocaines : Pas encore de consortium «Il n'est pas exclu que Renault ait pris contact avec des banques marocaines pour participer au financement du projet de Tanger», confie la responsable de la BEI, en répondant à la question portant sur l'éventuelle participation d'un consortium de banques marocaines au projet de Tanger. Le ministre de l'Industrie et du commerce Ahmed Reda Chami ne nie pas l'information, mais il affirme qu'à ce jour, aucun rassemblement de banques marocaines n'est constitué à cette fin. Les banques maintiennent aussi le black-out par rapport à la question. Si une telle option se concrétise, l'ensemble des banques de la place sera appelé à participer à ce consortium. D'une part, parce que le montant du financement est trop lourd à supporter pour un nombre restreint d'institutions. D'autre part, car Bank Al-Maghrib ne permettrait jamais qu'un nombre limité de banques supporte une telle charge. Tout le monde doit s'impliquer pour maintenir l'équilibre du système et partager les risques. Nouaïm Sqalli Source: Le Soir Echos
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