Publié le 05.03.2008 | 18h05
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Perché à vingt mètres du sol, Amin travaille sur un chantier pour le compte d’une grande entreprise à Casablanca. Depuis le mois de novembre, début des travaux, le jeune ouvrier accroupi, à genoux, joue souvent à l’acrobate en l’absence de plateformes, équipées de garde-corps. Son travail, il le connaît sur le bout des doigts, il le fait depuis toujours.
A 20 ans, il a déjà quelques années de métier derrière lui. «Mon expérience me permet de faire un peu de tout dans un chantier. Je n’ai pas de fonction précise», affirme-t-il. Un visage d’enfant et des mains calleuses d’adulte, Amin ne se plaint pas, il se plie aux exigences de son métier, «j’ai un casque et des gants pour travailler». Mais le journalier sait qu’il n’est pas à l’abri d’une chute et que, pour sa sécurité, il faut plus que ça. «Il faut être assuré», regrette-t-il.

Si Amin s’est résigné à visser son casque sur la tête, ses compagnons paraissent moins convaincus et se disent génés par ces mesures de sécurité. «Les casques sont là, mais les ouvriers refusent de les porter». C’est ainsi que le responsable du chantier dégage sa responsabilité. «Je ne vais pas mettre tout le monde à la porte. Déjà que très peu d’entre eux ont les qualifications souhaitées».

Dans ce secteur, les travailleurs sont loin d’exiger quoi que ce soit. «Ici on se tait ou on s’en va. Les casques c’est juste pour faire moderne. Ils mettent ça de côté pour les contrôles. Le vrai problème ici, c’est que personne n’est assuré et les autorités le savent bien. On voit les contrôleurs passer. Ils parlent aux patrons, ils ne nous posent aucune question. Ils s’arrangent entre eux. Le mode de règlement est bien connu de tous, le patron graisse la patte au contrôleur», s’indigne Mohamed, manoeuvre de 42 ans, dont la santé est fragilisée par les douleurs lombaires. Une maladie professionnelle dite d’«usure prématurée». Mohamed a de plus en plus de mal à travailler. Il sait surtout que ses souffrances ne seront pas prises en charge par l’employeur et que les lois actuelles ne reconnaissent pas les maladies professionnelles. Après une vie passée aux chantiers, l’ouvrier devrait prendre son mal en patience.

Ainsi va la vie dans le chantier, qui reprend ses bruits assourdissants sous le silence complice de tous. Dans le secteur de l’immobilier, ce n’est pas le flou qui règne mais le noir, un noir total.

Les travailleurs esquissent un sourire moitié amusé, moitié désabusé à l’évocation de leurs droits. «Nous ne sommes pas déclarés. Ici, c’est une pratique courante», disent-ils, résignés. Les promoteurs immobiliers se soumettent généralement à deux sortes d’assurance pour externaliser le risque dans les chantiers: l’assurance tout risque chantier et l’assurance de responsabilité civile. Mais ils sont peu soucieux d’affilier leurs employés à la CNSS, qui leur donne le droit à une assurance maladie et les protège en cas d’un accident du travail.

A l’heure du déjeuner et en l’absence du maître de chantier, les langues se délient: «nous sommes là pour travailler pas pour réclamer quoi que ce soit. De toute façon, ça ne sert à rien. Tout le monde sait comment ça se passe et personne ne fait rien, à commencer par les autorités». La loi est violée délibérément, tout le monde le sait, mais c’est l’omerta qui prime dans ce secteur. Les confessions des ouvriers furent brèves, Brahim, maître de chantier, la quarantaine bien entamée, revient de sa pause-déjeuner et impose, à nouveau, le silence. Avec lui, le travail rime avec rigueur: «les ouvriers n’ont pas le temps de discuter, ils sont payés pour travailler 8 heures par jour». A 7 DH 50 de l’heure, les journaliers triment, prennent des risques. Les accidents sont le lot quotidien de ces travailleurs anonymes malheureusement. «Nous ne pouvons intervenir qu’après constat d’un accident ou bien d’un risque immédiat au niveau du chantier», affirme-t-on du côté de l’inspection du travail. Les lenteurs administratives constituent une véritable entrave à l’application des lois. «Le temps de verbaliser le maître d’ouvrage, le chantier est déjà fini», résume-t-on du côté de l’inspection du travail. Les accidents du travail sont omniprésents. Les ouvriers le savent bien, ils ont même vu des amis perdre la vie devant leurs yeux. Mais que faire?

«Lors de nos inspections routinières, les maîtres de chantier refusent de nous donner les noms des ouvriers. Nous sommes impuissants face à tout cela. D’autres organes doivent intervenir. Nous ne pouvons pas tout prendre en charge», justifie-t-on à l’inspection du travail. Autre chantier et mêmes mœurs. Dans un quartier huppé de la capitale économique, un immeuble pousse. Dans un décor digne des bidonvilles, tôles et ferraille abritent un squelette de béton. Le linge étendu des ouvriers renseigne sur une vraie vie à l’intérieur du chantier. «On dort ici parce qu’on vient de loin», disent avec pudeur les ouvriers sans dévoiler leurs villes d’origine. Le chantier n’a pourtant rien d’habitable, les aménagements sont limités du point de vue hygiène. L’absence de sanitaires et d’eau potable ne dérange personne. «De toute façon, le chantier n’est pas une habitation», renchérit le maître d’ouvrage. Un chantier, c’est aussi cela, une vie entre parenthèses.

L’omission tolérée
Avant l’installation d’un chantier, l’entreprise de construction doit se conformer à la loi 135 du code du travail qui stipule que «toute personne physique ou morale assujettie aux dispositions de la présente loi et envisageant d’ouvrir une entreprise, un établissement ou un chantier dans lequel elle va employer des salariés, est tenue d’en faire déclaration à l’agent chargé de l’inspection du travail dans les conditions et les formes fixées par voie réglementaire». «Personne ne respecte ce texte», s’insurge Jabla Miloud, à l’inspection du travail. Cet oubli toléré n’est qu’un maillon d’une longue chaîne de dysfonctionnements. Les contrôles se font régulièrement, affirment les responsables. Les ouvriers confirment ces passages inopinés. Mais que se passe-t-il en réalité? Depuis le temps que les contrôleurs passent et repassent…

Amira Khalfallah
Source: L'Economiste
AHH SI
16 Dec 2008, 20:42
Bonjour,

C'est délirant de lire ce genre de chose, il faut absolument que tout le monde réagisse.
En effet, un chantier pendant sa construction, concerne tout le monde, sans exception, même le passant, il prend un risque malgré lui.
Aussi, je dénonce ce genre de pratiques.
Aujourd'hui, je demande si quelqu'un sait où on peut trouver sur internet toute la législation concernant la sécurité des chantiers.
Tout le monde sait que les contrôleurs de l'Etat seuls ne peuvent améliorer les choses, pour beaucoup de raisons, dont les principales sont: leur nombre insuffisant et la corruption de bon nombre d'eux, tellement corrompus qu'ils tournent le dos au chantier pour se concentrer sur les liasses d'argent qu'on leur tende. C'est triste, mais c'est la réalité.
Alors c'est au citoyen de jouer son rôle pleinement en s'organisant dans des associations pour prendre des initiatives d'intérêt général.
charme_respect
05 Mar 2008, 22:38
Cet article ,il est d'une importance majeure ,merci au rédacteur. le Dahir (Arreté Viziriel en date du 4 Novembre 1952 déterminant les mesures de sécurité applicables dans tous les Etablissemnts ,Indistriéls,commercials ou libérals, aussi bien l'article 9 du Dahir du 25-8-1914 modifié et completé par la reglementation et la loi actuel, l'arreté inter-minitériel des GPL et Mémento de sécurité, est a ce titre , il est demander et solliciter a Monsieur le Ministre de l'Interieur de prendre toutes les mesures envisageables, par la communication des circulaires a tous les Walis et Gouverneurs résponsables des commissions locales de sécurité ,constitué par les représentants,du Ministere des sérvices des Mines, l'Intrieur, la Protéction Civile , la Santé Publique, la Police ou Gendarmerie dans les zones rurales, ou les cancasseurs souvent en position irréguliere, pont de vue SECURITE,et méme défois utilisent des explosifs artisanale artisanales achetés en contre bande depuis les frontieres algériennes (les engrais alimentaires basés)fabriqués a Marseille France,mélangé,avec produit,que je ne peux citer pour des mesures de sécurité publique, prohibé par le Dahir de 1917 ,au lieu d'exploiter les exposifs autorisés l'Etat qui sont la SIGMA et LAMONIX controlé par la Gendarmerie Royale et la Police. toujours en matiere de sécurité publique, je m'adresse aux résponsables Marocains chargé de la Sécurité Publique, avec le mot "POURQUOI" ne pas assumer nos propres résponsabilités, Interdir au lieu de mettre en poche, quelques billets ,et détruire l'humanité et ta nation en premier lieu, A titre rappel ,je fais appel a Mr le Ministre de l'Interieur ,avec respect ,dévouement a ma nation, et a l'amour que je porte pour mon pays que j'aime, qu'il existe une commission de la Protection civile a l'echelon national et régional, un cas parmi d'autres, la commission de sécurité (commission de la protection civile de la wilaya d'Oujda) entre 1992 et 1994 a détecté la fabrication artisanale dans les cancasseurs ,situés sur la route de Jérada(région d'oujda)que le proprietaire a purgé une peine d'enprisonnement , que les PV dressé par ma personne en ma qualité dans le temps, de membre et responsable de cette commission, ont été transmis par Mr le GOUVERNEUR AFFOUS ,secretaire general BENJELLOUN , aussi bien en 2003 EX GOUVERNEUR A Ain Sébaa a Casablanca, je reviens sur la transmision des PV au Ministere de l'Interieur, Une fois que le Ministere de l'interieur a reçu les PV, les cloches du dangers ont sonnés, L'irrégularité et le comportement de Mr le Ministre BASRI , un soir sur l'écran de mon televiseur ,je vois en écoutant les informations, un hélicoplere de la Gendarmerie Royale avec ses pilotes , survole le ciel du territoire ,et en dialogue gendarmes et proprietaires des concasseurs sur la matiere d'explosif utilisée .En exculuant les vrais artisans de la sécurité, esclave de Dieu et mon équipe, récompensé par tentative de meurte, trois coups de couteaux par une personne , qui a était acquité par la justice des années du plond, et autres fois avec mon ami ,en traversant l'avenue Mohammed V ,a l'angle café du Trésor, raflé par une voiture, 405 peugeot ,si ce n'était pas mon ami ,qui m'a poussée a force de bras ,je serai parmi les défuns, le theme de la sécurité ,si je parle , n'aura jamais aucune fin, c'est pour cette cause, que je lutte contre toutes tentatives terroristes, surtout par le genre d'explosifs artisanales, les jours passent ,mais notre histoire reste dans les archives, ou anales de l'histoire du Maroc. Nous Marocains fidéles a notre pays et a notre ROI bien aimé SIDI MOHAMMED VI ,l'encouragent pour les peines envisageables ,severement contre toutes personnes "MATKIS BLADI B.M.H boulejiouch Mohammed hamid
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