Economie
Tarifa: 200 millions d’euros pour le port passagers
Le port de Tarifa affiche ses ambitions et veut gagner une plus grosse part de gâteau dans le trafic commercial du détroit de Gibraltar. En effet, la plus jeune des plateformes portuaires des côtes espagnoles devrait, à l’avenir, concurrencer sérieusement le port d’Algésiras.
Pour cela, les autorités portuaires de Tarifa misent quelque 200 millions d’euros (un peu plus de 2,2 milliards de DH ) pour atteindre leurs objectifs. De gros travaux d’extension sont prévus. Ainsi, une superficie de 31 hectares est dégagée pour la construction d’une nouvelle gare maritime de plus grande capacité afin d’accueillir des ferries de gros tonnage. D’ailleurs, leur nombre sera porté à 8, dont 2 bateaux Ro-Ro. Ces derniers permettront d’assurer le transport des camions entre les deux rives du détroit. Et aussi pour donner plus de valeur ajoutée au trafic, la ville de Tarifa n’exclut pas la possibilité de compléter le projet par la mise en place d’une zone logistique dédiée au trafic TIR. A noter aussi que plus de 1.600 m de digues seront réalisés ainsi que des voies pour faciliter la circulation. Le chantier devrait démarrer bientôt.

Quant aux installations actuelles, celles-ci seront dédiées aux activités de pêche et de loisirs.

Selon les responsables du port, il s’agit d’accompagner le développement de la ligne Tarifa-Tanger. Une ligne qui connaît un grand succès depuis quelques années. Notamment, durant les opérations de transit des Marocains résidant à l’étranger. La moindre longueur de la traversée ainsi que la rapidité des bateaux expliquent le succès de cette ligne. Depuis que ses installations ont été certifiées comme frontière Schengen, le nombre de passagers n’a pas cessé d’augmenter. En 2007, le trafic a dépassé le million de personnes et plus de 200.000 véhicules.

Mais la rapidité des navettes, qui constitue l’atout de Tarifa, est un handicap en saison hivernale. Celles-ci, trop légères, ne peuvent affronter la houle. Aussi sont-elles contraintes, généralement, à rester à quai. Mais la question devrait être résolue après la mise en service des nouvelles infrastructures, en 2009.

Ali Abjiou
Source: L'Economiste