Economie
La gestion du domaine «.ma» bientôt enlevé à Maroc Télécom
Entamé il y a près d’un an, le processus de désignation du futur gestionnaire du nom de domaine «.ma» avance à petits pas. L’Agence de réglementation des télécommunications qui doit récupérer de chez Maroc Telecom, au plus tard en décembre prochain, la plateforme parachève son dossier.

L’objectif étant de redéléguer la gestion du domaine dans les règles de l’art. Après publication de la charte de nommage en janvier dernier (cf.www.leconomiste.com), l’agence a lancé, en juin, une consultation publique relative aux conditions requises pour le choix du futur prestataire. Résultat: une association française à but non lucratif (AFNIC), l’opérateur historique, son concurrent direct Méditel, deux entreprises marocaines Intelcom et Multimédia studios et enfin l’américain Mark Monitor spécialiste de l’enregistrement des noms de domaine ont répondu présent. D’une manière globale, les orientations, définies auparavant par l’ANRT, ont été favorablement accueillies. A savoir, notamment, la définition par l’Agence du champ d’action du gestionnaire, facilitant du coup le positionnement d’acteurs compétents. Ainsi que l’obligation faite pour le futur prestataire de travailler en concertation avec les parties prenantes. Et enfin l’orientation vers un modèle associatif ouvert entre les principaux prestataires de services de commercialisation de noms de domaine «.ma», précise l’Agence.

Le régulateur du marché devra redéfinir les caractéristiques de cette gestion. Un projet de loi fixant les prérogatives de chaque intervenant est en cours de préparation. Il autorisera l’agence à intervenir sur les aspects juridiques, les litiges ou encore la mise en place de procédures d’accréditation des prestataires avec un statut clair et défini.

Au départ, une situation alambiquée, qui avait fait réagir le Conseil d’administration de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) en attribuant la redélégation de la gestion du nom de domaine à l’ANRT. Et pour cause, le domaine «.ma» était officiellement administré par l’Ecole Mohammadia des ingénieurs (EMI) considérée comme l’interlocuteur principal au niveau des instances internationales (cf.www.leconomiste.com). Or, l’EMI n’ayant pas les compétences techniques pour le régir en avait confié la gestion à l’Office national des postes et télécommunications (ONPT) en 1995, seul opérateur jugé techniquement apte à l’époque, selon une source à l’ANRT. A la dissolution de l’Office, c’est tout naturellement Maroc Telecom qui en a hérité. L’opérateur historique s’est ainsi trouvé assurant la gestion des aspects techniques, administratifs et commerciaux. Etant gérant technique et prestataire de services en même temps et dans un marché devenu depuis concurrentiel. La situation était vécue comme un cas de conflit d’intérêt et une atteinte au libre jeu de la concurrence pour la commercialisation des noms de domaine «.ma» par les autres opérateurs.

Qui s’intéresse au «.ma»?
En plus des deux opérateurs de téléphonie nationaux (Maroc Telecom et Méditel) les autres structures s’intéressant au nom de domaine «.ma» sont: L’Afnic, une association française à but non lucratif chargé de la gestion administrative des noms de domaine «.fr» (France) et «.re» pour la Réunion. Elle est composée d’utilisateurs, de prestataires de services Internet, d’ONG internationales et de représentants des pouvoirs publics.

L’américain Mark Monitor est une société d’enregistrement de noms de domaine dédiés aux grandes entreprises et fournisseurs de services de protection de marques sur Internet. Elle offre des solutions servant à protéger en ligne les entreprises et leurs clients contre la fraude et la contrefaçon. Mutimédia studios, pour sa part, est une entreprise marocaine de développement Internet spécialisée dans la communication marketing, développement multimédia, création 3D... Elle offre des services notamment pour l’enregistrement des noms de domaine pour le compte de ses clients et hébergement des sites web. Quant à Intelcom, elle est spécialisée dans l’ingénierie des télécommunications en tant qu’intégrateur de solutions d’infrastructures de système d’information.

Source: L'Economiste