Publié le 18.11.2005 | 11h03
Article lu 9149 fois
2 commentaire(s)
 

Imprimer l'article
Envoyer à un ami
Réagir sur le forum
Article au format PDF

Les événements des banlieues font émerger toutes sortes de commentaires et de réactions, que ce soit au niveau national ou international.
Banlieues en France : Lectures à différents niveaux de la violenceOn projette sur ces événements des lectures variées. Ces lectures émanent, elles-mêmes, de perceptions et de constructions idéelles qui irriguent des positionnements discursifs et politiques distincts: On y voit la fragilisation de l’autorité parentale, l’instrumentalisation des islamistes, la « voyoucratie » et la délinquance accrue des cités, la non maîtrise des flux migratoires, l’échec des politiques d’intégration, la fermeté et la nécessité sécuritaire pour la paix dans le pays…

Chaque vision est, en effet, révélatrice d’elle-même dans son approche et dans son appréhension des évènements. Les référentiels dont nous disposons, de par nos cultures et nos parcours, créent des valeurs qui structurent et signifient les choses ainsi que nos actes. Ceux-ci, peuvent diverger et de leurs dissimilitudes découlent des oppositions, parfois des confrontations à des degrés divers.

A ce jour, le point de rencontre des différentes lectures des événements des banlieues est la condamnation de la violence.

En effet, rien ne justifie la violence dans toutes ses formes d’expression, ni la dégradation des biens privés ou publics qui en résulte. Toutefois, qu’entendons-nous par violence?

L’organisation mondiale de la santé OMS définit la violence comme « l’usage délibéré ou la menace de l’usage délibéré de la force physique ou de la puissance, contre soi-même, contre une autre personne ou contre un groupe ou communauté, qui entraîne un risque fort d’entraîner un traumatisme, un décès, un dommage moral, un mal développement ou une carence ».

A cette définition s’ajouteraient les « agissements et faits qui pourraient vulnérabiliser un individu ou des individus à un moment de leur vie, atteignant par conséquent à leur équilibre ou à leur dignité ».

Tout cela peut sembler théorique mais ne réhabilite, aucunement, la violence qu’elle soit sur un plan matériel ou humain, qu’elle soit latente ou apparente, en amont, en tant que processus et aussi en tant qu’ « aboutissement ». Souvent, on soumet la violence à une lecture réductrice cantonnée à l’exposition des faits et au comptage de dégâts! Nombre de véhicules brûlés, établissements et écoles… ce qui ne fait qu’accentuer les incompréhensions et les malentendus, parfois attiser les haines.

On oublie qu’à la violence sa terre de culture, ses prédispositions dont la discrimination, la frustration… On parle souvent de la violence « d’un fleuve et on oublie de parler de la rudesse des digues qui l’enserrent! »

Maintenant sur un plan pratique, comment justifions-nous que la France de par sa diversité n’a pas une représentation à l’image de cette diversité au sein de ses instances politiques, économiques et sociales ? Quelles réponses apporterons-nous à ce constat ? Est-ce l’incompétence de ces femmes et de ces hommes issus la diversité?

Comment justifions-nous que le gouvernement ait recours à des médiateurs et à des associations de tout bord, parfois incompétents, pour apaiser les cités, alors que nous disposons d’une Assemblée Nationale qui, sur le principe démocratique, devrait compter aussi des représentants, élus, de ces composantes sociales françaises ?

La France est parvenue à être championne du monde grâce à une équipe de foot fidèle, dans sa texture, à la réalité sociologique Française. C’est un modèle de réussite! Pour quand, alors, la réplication de ce modèle à d’autres domaines d’activités au sein de la République Française ?

Docteur Mounir FERRAM
Enseignant et chercheur universitaire

Copyright Yabiladi.com
aziz
12 Fev 2006, 11:22
Docteur Ferram
leplus grave problem est l'entassement , le manque d'espace , de salaire , de projets de vie, de travail, trop de reglements dans ce pays , pas de concours bancaires , c'est donc insortable.
regardez les pays anglo saxons, regardez les pays catholiques d'amerique du sud , tous dans la misère.
il faut répartir la richesse,
sinon , explosion à nouveau , c'est presaue certain avec ce que nous voyons aujourdhui.
lectrice
21 Nov 2005, 03:57
On ne peut que condamner la violence. Cependant, le monde entier a aussi cette fois-ci condamné la France.On a entendu la voix et la colère des jeunes oubliés des banlieues Françaises à des milliers de kilomètres de Paris. On a condamné la négligence, la descrimination, l’exclusion et la non-reconnaissance de ces jeunes. On a également rappelé l’echec de la république française en matière d’immigration et son modèle d’integration est remis en question aujourd’hui plus que jamais. Un système d’integration dépourvu de mesures réelles, précises et durables pour répondre aux attentes et aux besoins de millions de personnes en France.

On s’empêtre aussi dans des contradictions sans fin . D’un côté, La France se veut une terre d’asile et d’accueil. Et de l’autre côte, elle est prisonnière de ces vieilles pensées, idées et traditions devenant de plus en plus contradictoires avec la réalité sociologique du pays. La France n’arrive pas à suivre les grands changements dans un monde devenant très ouvert et donnant naissance à des societés de plus en plus diverses.
L’élitisme, la descrimination sous plusieurs formes, l’appel à la protection de l’identité nationale......sont un frein à la reprèsentation de toutes les composantes sociales de la socièté française au sein de ses différentes instances.
Finalement et malheureusement, on ne s’enrichit pas de tout ce que la diversité peut apporter et on ne croit pas en la compétence de femmes et hommes ayant sûrement beaucoup à donner à la France.


Pour pouvoir poster un commentaire, veuillez vous authentifier
Login:
Mot de passe: