Publié le 15.08.2008 | 15h10
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Yves Saint Laurent s'est éteint le premier juin dernier à l'âge de 71 ans des suites d'une tumeur au cerveau. Ce qui caractérise le plus ce grand créateur de mode, c'est son style unique. Il a révolutionné les garde-robes des femmes en les habillant de tailleur-pantalon, caban, saharienne et smokings. Mais ce que l'on retiendra surtout de lui, c'est son amour pour le Maghreb et le Maroc notamment.
Mode : Yves Saint Laurent, « une passion marocaine » YSL est d'ailleurs né le 1er août 1936 à Oran, en Algérie où il passe toute son enfance. Et c'est à Marrakech que l'histoire du Petit Prince de la mode prend fin. Ces cendres sont dispersées dans les jardins entourant sa résidence Majorelle.

C'est en 1966, que YSL arrive pour la première fois à Marrakech avec Pierre Bergé, son compagnon dans la vie privée et professionnelle. Très vite, ils découvrent le jardin Majorelle. Quelques années plus tard, ils achètent une maison juste à côté de ce jardin, puis apprenant qu'il allait être transformé en hôtel, ils décident de l'acheter aussi. Au total, le couple aura acheté trois maisons à Marrakech. Yves Saint Laurent possédait aussi une autre propriété à Tanger et c'est dans la ville du détroit qu'il passera son dernier été au Maroc en 2006.

Le Maroc a eu une immense influence artistique sur la création d'Yves Saint Laurent. D'ailleurs dans un entretien au journal français Paris Match datant du 2 décembre 1983, il dira haut et fort : « Bien qu'habitué à la lumière et aux couleurs de l'Afrique du Nord, c'est plus tard, lorsque je découvris le Maroc, que je compris que mon propre chromatisme était celui des zelliges, des zouacs, des jellabas et des caftans. Les audaces qui sont depuis les miennes, je les dois à ce pays, à la violence des accords, à l'insolence des mélanges, à l'ardeur des inventions. Cette culture est devenue la mienne, mais je ne me suis pas contenté de l'importer, je l'ai annexée, transformée, adaptée. »

Lui qui trouvait « refuge » dans le noir pour ses créations, il devient un véritable magicien mélangeant des tons vifs et chauds à des tons plus sobres. De simples vêtements traditionnels et populaires des marocaines le hantent. Certaines pièces de ses collections s'inspirent des jellabas, des caftans, des écharpes et des tarbouches marocains. Ils créent des robes longues et fluides avec leur traditionnel ceinture ou « hsem » autour de la taille.

Même après la mort d'YSL, son amour pour le Maroc semble éternel.

En 2002, Yves Saint Laurent décide d'arrêter sa carrière. Il créera deux ans plus tard avec son compagnon la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent à Paris. Car en France, YSL pense, rêve et respire Marrakech. Marrakech est omniprésent dans son quotidien. Marrakech est inoubliable.

Quelques semaines avant sa mort, Pierre Bergé et lui organisent dans les salons de cette fondation une exceptionnelle exposition qui s'intitule tout simplement « Une Passion Marocaine ». Elle présente 36 caftans marocains allant du XVIIIe au XXe siècle, des broderies, des bijoux et des babouches. Ces pièces proviennent du musée d'art islamique du Jardin Majorelle et de collections privées. Sont exposées également quatre créations haute couture d'YSL dont la fameuse cape de faille brodée de fleurs de bougainvilliers.

Cette manifestation qui prend fin le 31 août prochain est présentée dans une reconstitution du jardin Majorelle.

Plus d'infos :
Site web : www.fondation-pb-ysl.net

Farida Lamrani
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bzou
19 Août 2008, 20:09
ce que je retiendrai d' Y S L l'artiste,et le créateur c'est cette déclaration faite par lui à Paris Match où il reconnait être redevable au Maroc et principalement à Marrakech de toutes ses audaces inspirées des lumières, des couleurs des zellijs des zouakas, des tenues marocaines-caftans ,djelabas tarbouches et autres - ainsi qu' à la violence des accords à l'insolence des mélanges et à l'ardeur des inventions,ces éléments citées par lui existent et demeurent encore présents dans la ville ocre ainsi que dans certaines autres villes du Maroc , et ce que je déplore le plus c'est l' indifférence qu'affichent certains marocains- citoyens et responsables - à l'encontre de certains monuments et édifices publiques et privés qui constituent de veritables trésors sur le plan architechtural et esthétique.Je pense que nous avons une responsabilité et dette envers nos encêtres nous leurs sommes redevables de ce SAVOIR VIVRE et de ce SAVOIR FAIRE qu'ils nous ont légués.
casatoulouse
17 Août 2008, 18:00
l'avant-garde de la decadence... merci yabiladi !
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