Publié le 15.06.2005 | 01h31
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L'artiste Mahmoud Saâdi, un des fondateurs des groupes légendaires Nass El Ghiwane et Jil Jilala, est décédé lundi à Casablanca à l'âge de 63 ans des suites d'une maladie des reins.
Emporté par la vague révolutionnaire artistique des années 70, le défunt, connu pour être confiné dans sa solitude pour méditer accompagné de son instrument turc, avait quitté son travail en tant que cadre à l'Office national du thé et du sucre pour intégrer l'observatoire de musique à Casablanca.

Au sein du groupe Nass El Ghiwane, il rejoint ses collègues ghiwanis connus pour leur probité et leur modestie, outre la faculté de décrire par le chant et la parole la vie quotidienne, les problèmes et les entraves de leurs semblables.

Le défunt créa, par la suite, un nouveau groupe baptisé Jil jilala dans le cadre de la vague de " Daraouich El Jodoud " (Les nouveaux derviches), tout en préservant son amitié avec ses amis du groupe Nass El Ghiwane.

Militant engagé, Mahmoud Saâdi était conscient du rôle de l'artiste dans la lutte contre les injustices sociales, a confié à la MAP l'artiste Mohamed Derham, ajoutant que le défunt encourageait les nouveaux talents citant à titre d'exemple Abdou Cherif que le défunt avait parrainé au début de son parcours artistique.

Selon Derham, Mahmoud Saâdi a tenu à entretenir de bonnes relations avec ses amis du bon vieux temps même après avoir quitté la troupe durant les années 80.

Mahmoud Saâdi était un grand artiste, a de son côté indiqué l'artiste Omar Sayed. En quittant le groupe Nass El Ghiwane pour son nouveau projet de Jil Jilala, "nous avons redouté les clivages", a-t-il dit ajoutant que "c'est totalement le contraire qui s'est passé, la création du groupe Jil Jilala a contribué à la consécration de ce genre musical".

Considérées comme révolutionnaires ou comme phénomènes de société, les formations Nass El Ghiwane et Jil Jilala ont marqué des générations de fans emportées par le rythme et enthousiasmées par des textes qui les touchaient directement.
Les succès de ces groupes n'étaient pas limités au Maroc, ils se sont étendus au-delà des frontières, notamment dans les pays du Maghreb.

Source : MAP
Abdo
20 Mai 2007, 06:59
Aujourd’hui c’est le 2ème anniversaire du décès Mohmoud Saâdi qui nous a quitté subitement vers son repos éternel. Combien de fois Saâdi nous fait danser, chanter, rire et brailler. La première fois je l’ai rencontré en 1975 à Nancy (en France) par la suite nous sommes devenus des amis, on se rencontrait souvent lors de mon travail dans la coopération internationale, je faisais toujours un détour pour se voir à Casa ou ailleurs en Europe ou chez moi à Montréal, Canada. À l’époque, j’étais membre de l’Association des étudiants maghrébins en France et pour se financer on a organisé un festival à la Place Carnot, on a invité entre autre Nass El Giwane (Maroc), Habouba (Tunisie) nous attendions recevoir 2000 spectateurs, nous avons reçu plus de 50,000 personne, nous étions obligé de pousser le «stage» dehors en plein air.

Je n’ai jamais vu autant de monde, on a perdu le contrôle de l’événement, heureusement les gens ont dansé jusqu’au matin dans l’amitié et la liesse. Nass El Giwane n’était pas un groupe musical ordinaire. Nass El Ghiwane nous ont fait renaitre notre culture et notre patrimoine musical nord-africain. Saâdi était le B.B King de la musique nord-africaine, il est devenu la conscience d’un peuple à la recherche de son identité surtout que nous étions envahi par la musique classique arabe d’Om Khalsoum, de Abdelwahab ou Abdelhalim et consorts, une musique qu’une très grande majorité de Nord-africain ne leur dit rien.

À 53 ans et 30 ans après quand je veux faire un travail de recherche, je mis Nass El Ghiwane et je laisse mon esprit errer vers sa liberté et sa créativité. Je suggère aux frères marocains d’organiser à chaque mois de mai un Festival Nass El Ghiwane et Jil Jilala à la mémoire de Saâdi.

Un tuniso-canadien qui se souviens de la belle époque de la musique marocaine et de la poupée de la musique Nord-africaine !
Hassan
17 Juin 2005, 17:09
tout d'abord,je salut l'initiative de Yabiladi.com de reserver ce quelques octets pour parler de cette perte tragique d'un grand Artiste de la chanson populaire marocaine.
Je présente mes condoléances à la famille du défunt, à ces amis, et notamment ceux du gpe Nass el Ghinawe.
Ces groupes là (Nass el Ghiwane; Jil Jilala, Lamchabeb),nous ont fait vivre une periode extraordinaire de notre vie (en tous cas la mienne) et nous ont appris qu'il ya une identité marocaine et à nous de la faire valoir et ils ont contribué énormement à l'emmergence de cette identité, tout simplement en chantant, la réalité marocaine.
Je suis Ghiwanis jusqu'à l'os, j'ai grandi avec la chanson de Ghiwane, Jilala, Lemchaheb. Alors vous comprenez, je ne peux pas laisser passer cette occasion pour rendre hommage à ces groupes, qui ont sacrificié de leur vie pour nous transmettre des messages de paix, du bien être,....
et j'ai envis de leur dire BRAVO Messieurs, et un GRAND MERCI.
et qu'ils reposent en paix:
Arbi Batma, Mohamed Batma, Chrif, et Mahmoud Saâdi

Hassan (Prof universitaire et pleinnement GHIWANI)
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