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Culture
Le Sacre populaire de Dieudonné au Zénith
Le Sacre populaire de Dieudonné au Zénith : Triomphe du Rire, Sommet de la Satire sociale, Quintessence de la critique des Lumières
L’insubmersible Mbala Mbala, Dieudo pour d’aucuns a mis tout le monde d’accord dans un Zénith plein à craquer le 29 décembre 2004, livrant une de ses meilleures prestations sur son spectacle autobiographique « Mes Excuses »... Cette méga performance qu’il offre à un public conquis et attentif vient ponctuer une année marquée par une mise à mort médiatique et un harcèlement juridique que Dieudonné a su affronter, courageusement et avec ...Humour ! Un must du genre, déstructuration méthodique et caustique des certitudes routinières qui transforment le cours lissé d’une existence normale en passive acceptation de l’injustice. Démasquée et raillée par un punch percutant et hilarant, la réalité du racisme et du rejet des faibles par les forts se ride, se plisse, s’enlaidit, se ringardise jusqu’au dégoût et à l’invitation au sain réveil citoyen.

L’immense coup de force de Dieudonné [et qui certainement fera école], avant de monter sur scène, est d’avoir fait le plein d’une place aussi importante que le Zénith, seul contre le boycott actif des principaux médias nationaux. Envers et contre les appels réguliers lancés contre lui par des personnalités à forte notoriété, la tentative d’assassinat cathodique dont il est victime depuis au moins un an n’aura produit que l’effet contraire, à l’arrivée. Plus encore et c’est une plutôt bonne nouvelle, les grands médias nationaux et leurs partenariats en boucle télé-radio-magazines-internet sortent redimensionnés et relativisés par la force de mobilisation hors institutions de l’humoriste vedette. Comme si dorénavant, il n’était pas, il n’était plus indispensable d’avoir l’onction des décideurs, des ténors du microcosme du show biz pour faire carrière, au moins pour réaliser à la perfection un spectacle haut perché de niveau international.

En cela Dieudonné montre la voie, celle du talent, du travail, de la vérité d’un engagement et de la persévérance. A bien y regarder ce modèle s’impose progressivement dans une France leucoderme fermée aux composantes ethniquement « impures », la sanction du public se substituant à juste titre à la censure des experts et des lobbies. Ainsi a-t-on vu depuis des décennies, incrédules, des artistes d’horizons divers faire un tabac dans les plus grandes salles, ignorées superbement des médias de grande écoute. On se souviendra des tournées explosives du groupe antillais Kassav au Zénith ou à Bercy, des artistes congolais qui ont banalisé les salles sacralisées l’industrie musicale française. Les Koffi Olomidé, Papa Wemba, J-B Mpiana ou Werra Son ont affronté avec un succès insolent des temples du french show que bien des artistes réputés et « de souche » ne rêvent pas d’investir, si ce n’est au prix de campagnes médiatiques annuelles sur tous les supports possibles et imaginables. Ces underground sont passés maîtres dans l’usage savant d’un efficace radiotrottoir amélioré d’affichages et autres stratégies de niche. C’est assez largement le cas de bien des artistes de Raï et de musiques arabo-musulmanes, pour la plupart exclus du cercle des initiés, parvenus à percer le mur du rejet en s’imposant par le bas, l’enthousiasme réel du public, malgré le mépris des bien pensants culturels.

Côté spectacle du 29 décembre, Dieudonné, que peu de gazettes mentionnent au lendemain d’un succès redouté, a régalé les milliers de spectateurs par son humour sans frontière ni figures imposées, rire de dérision et d’autodérision. Probablement le plus talentueux des comédiens français, il est à n’en point douter celui qui est le plus en phase avec les évolutions de cette société, tranchant sans fioriture avec le classicisme conservateur des conservatoires figés. Il déploie une cinglante satire sociale en jouant des préjugés ethniques, raciaux, religieux rendus caduques par le fait même d’une société pluriculturelle, cosmopolite, et citoyenne dans toutes ses composantes.

Cohérent avec sa démarche d’être une voix pour ceux qui n’auront jamais, au-delà de l’anecdote et du fait divers, une mention digne et visible dans le correct politique du moment, Mbala Mbala décape les fondements enracinés de l’eurocentrisme, de la pensée raciste. Voltaire, Rousseau ou Montesquieu sont subtilement mis à nus, alors que le public jouit du double privilège d’apprendre en rigolant un bon coup.

Dieudonné s’inspire de son « Affaire », du harcèlement juridique et de la pression au porte-monnaie contre lui menée, pour mettre en scène avec un art consommé du subtile et de l’efficient, les pratiques de censures, d’autocensures, de détournement de l’information, de discriminations du paysage audiovisuel français. Cet humour vrai est tellement vrai qu’il en devient politique. On comprend aisément que, des acteurs politiques labellisés aux professionnels du ludique, beaucoup aient des soucis à se faire devant une telle concurrence, montée sur une toute planète de référents éthiques et de culture... D’ailleurs à la fin de la fête du rire non agréé CSA, Daniel Prévost et Jamel Debbouze, éminents comédiens nationaux tous deux, ont rendu hommage à l’homme Mbala Mbala et à l’artiste humoriste, le meilleur en France selon eux. Et de rajouter avec la rescousse du champion en arts martiaux Jamel Bouras qui sait de quoi il parle, la palme du plus courageux au camerouno-français sans frontières.

Mise en scène simplifiée au maximum, une bande son et à peine quelques sobres effets de lumière, « Mes Excuses » au Zénith ont tenu leur promesse de produire un humour de lien social, une corrosion authentique déversée sur la prétention des intouchables érigée en culture dominante. Un bonheur verbal et discursif, mâtiné de mimiques et feintes chorégraphiques, où le verbe, permanent exorcise le malaise social bien compris des laissés-pour-compte, lassés d’une morgue d’état qui les ignore superbement.

Questions naïves qui traversent les générations actuelles, un génocide n’en vaut-il pas un autre, y aurait-il une hiérarchie dans la douleur, la barbarie, le Code Noir serait-il par essence « sans importance » parce ce qu’il ne codifierait qu’un crime contre des nègres, c’est-à-dire des pas tout à fait humains... Ces profondes quêtes existentielles qui taraudent les peuples du monde, les Français de toutes extractions ethniques, trouvent dans un humour cathartique et acéré un dérivatif sain et participatif qui profile en creux une reconstruction en cours des dignités. Reconstruction qui appelle des résistances, farouches ! Dieudonné a choisi son camp, son combat, ses armes, il a en plus un génie propre et une indépendance artistique qui, tout en préservant son propos et son art, en font l’homme à abattre.

Le Zénith l’a illustré en français facile : sur le chemin de la lutte contre l’oppression, pour la liberté d’expression et l’égalité des humains, le talent de Mbala Mbala au service d’une cause juste, protègera encore longtemps Dieudonné, faussement seul dans la fosse aux lions.

Une section Afrikara et ses puissants karanautes était présente en commando au Zénith, et nous en savons gré à Dieudonné et à Bonnie Productions. La qualité du spectacle, rare et indélébile restera longtemps gravée dans les esprits, et notre rédaction se fait foi de soutenir encore et toujours les diverses initiatives marquées par la quête de davantage de justice, d’équité, de sens des réparations.

Ze Belinga


Cet article qui provient du site Afrikara.com, a été, aussi, publié par bellaciao.org et Oulala.net

Grande souscription nationale pour la production du premier film français sur la traite des Noirs : Le Code Noir, par Dieudonné

Pour toute information ou souscription : www.lesogres.org