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Imprimer l'article Après L'Inde et le Liban, le festival musical Climats consacre sa troisième édition au Maroc. Si les univers musicaux se modifient, les principes de la programmation restent les mêmes que le directeur artistique, Benoît Thiebergien, place volontiers sous les auspices favorables de l'écrivain Edouard Glissant et de son ode à la créolisation du monde. Maintenant qu'il n'y a plus de terres à découvrir, et que le monde est devenu si petit, les vivants qui y habitent peuvent commencer à se mélanger. Tel est le sentiment profond, et au fond le souhait pacifique, du caribéen Glissant. Depuis trois éditions, Climats s'efforce à sa façon de réaliser ce vœu.
La créolisation musicale dans le festival Climats joue bien sûr à plusieurs niveaux : ce qu'il s'agit de mélanger ce sont autant les musiciens que les styles musicaux, autant les instruments d'ancienneté et d'origine diverses que les techniques vocales, autant hier qu'aujourd'hui, autant la musique savante qu'une autre plus commerciale, autant l'univers du divertissement qui est le propre de la musique populaire occidentale que les formes du sacré et du religieux qui imprègnent encore la musique traditionnelle.Ainsi une troupe comme Arrakb Al Aissaoui Al Ismaïli, issue de la confrérie Aissaiaou et donc de l'islam soufi, dont la musique tend toute entière vers la recherche d'une énergie spirituelle qui puisse apporter la joie et ouvrir sur les soulèvements de la transe peut voisiner avec le beat juggling de DJ Key, dont la technique joue de plusieurs pistes préenregistrées pour produire, à coups de scratches, de pauses et autres, une composition unique. Et inventer une transe rythmique totalement sécularisée. Ainsi un trio de musiciens d'origine aussi différentes que Louis Sclavis, Français et clarinettiste inscrit dans le sillage du Free Jazz, Majid Bekkas, Marocain, joueur de guembri (basse à trois cordes) et maître de la musique gnawa, et Ramon Lopez, Espagnol, batteur et percussionniste peuvent mettre en commun leurs arts pour créer des impros où se mêlent des effets d'échos inattendus entre instruments et cultures musicales. Il a bien sûr un écueil dans ce genre de festival de tomber dans « le règne de tout est dans tout journalistique et du coq-à-l'âne publicitaire » qui semble être de mode aujourd'hui, pour reprendre les mots du philosophe Jacques Rancière. Mais cet écueil s'évite si les musiciens reconnaissent d'eux-mêmes certains pièges du métissage comme, par exemple le fait Majid Bekkas : « Nous voulons donner une autre dimension à notre musique pour qu'elle évolue. La même histoire est arrivée au blues originel et beaucoup de styles en ont émergé. Depuis de nombreuses années, je rêve de faire évoluer la musique gnawa tout en gardant intactes ses racines et en veillant à ce qu'elle ne perde pas sa spécificité : les instruments traditionnels et cette répétitivité du jeu musical qui est l'apanage des musiques africaines en général et plus particulièrement de celles marquées par l'esprit de transe. » Ces rencontres du festival Climats ont des chances, dès lors, de n'être pas un simple mélange gratuit, mais de pouvoir mettre en évidence, musicalement sonnant, une autre communauté imposant une autre mesure, un autre rythme, et une autre façon d'appartenir au même monde. Stéphane Bouquet Le Programme Le vendredi 19 juin à 21h Driss el Maloumi, joueur de oud, rencontre pour la première fois Debashish Bhattacharya, joueur indien de Calcutta Slide Guitars. Accompagnés de deux joueurs de percussions, ils présentent une création originale, "Naghma" qui sera issue de la rencontre de leur pratique instrumentale, ancrée dans la tradition de leurs pays respectifs. Tarifs : 14€ ; 10€ Le samedi 20 juin à 21h Louis Sclavis, Majid Bekkas et Ramon lopez. Ensemble sur scène, ils ambitionnent de produire une nouvelle musique de la Méditerranée d'aujourd'hui. Majid Bekkas est un célèbre musicien marocain représentant de la culture Gnawa issue du métissage des cultures arabo-berbère et noires africaines. Il apprend le oud et la guitare classique au conservatoire national de musique de Rabat, où il est professeur. Depuis plusieurs années, il s’est aussi tourné vers le jazz et l’improvisation, et il est directeur Artistique du Festival de Jazz des Oudayas de Rabat depuis 1996. Tarif : 14€ ; 10€ Le samedi 20 juin à 23h DJ Key Pionnier du turntable au maroc, DJ Key est un virtuose des platines et une figure majeure de la culture hip hop de Casablanca : passe-passe, beat-jungling, scratches ravageurs… Tout y passe ! Tarif : 14€ ; 10€ Le dimanche 21 juin à 16h Les Folies Berbères Hamed Bouzzine et Ali Merghache Musiciens et conteurs, Hamed Bouzzine et Ali Merghache présentent Les folies Berbères, épopée minuscule et grandiose des exilés Tarif unique de 5€ Dimanche 21 juin Ensembles traditionnels marocains Arrakb al Aïssaoui ak Ismaïli par les Aïssaoua de Meknè / Moqaddam Si Abdeljelil Al Aouam Les Aïssaoua de Meknès sont membres d’une confrérie musulmane dont l’activité spirituelle est intimement liée à la musique. Par delà les louanges faites à Dieu, au prophète Mohamed et aux saints, les fils conducteurs de leurs chants sont l’amour et le partage. Gratuit dans le parc Tous les renseignements sont sur le site www.theatredelacite.com Réservations : 01 43 13 50 50 En assistant à 3 concerts, le tarif est de 10€ par concert. Lieu Théâtre de la Cité Internationale 17, Bd Jourdan - 75014 Paris RER B, station Cité universitaire (10min de Châtelet). Point Vélib’ devant la Cité. Métro Porte d’Orléans. En bus : 21, 67, 88. Tramway T3. Source: Communiqué de presse
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